J’adore …donner du sens.

J’adore travailler avec des établissements à l’étranger.

Pour un prof de langue, j’enfonce une porte ouverte pensez-vous? C’est comme dire ‘j’aime les vacances, la plage, les glaces…’, qui n’aime pas tout ça? Ca tombe sous le sens.

Pas tant que ça, l’anglais est principalement parlé par les élèves … en classe.

Et vous savez quoi? En plus avec …. des français (le prof, les autres élèves). Après on nous parlera de documents authentiques à utiliser en classe…

Pourquoi après tout les élèves parleraient-ils en anglais en cours d’anglais puisque le prof comprend le français?

Alors oui, les ‘bons’ (je hais ce mot) élèves, ceux qui naturellement aiment l’école, y sont à l’aise, apprennent facilement le feront, parce qu’ils veulent jouer le jeu, faire plaisir au prof, etc. Les autres trouveront que c’est débile (et qui plus est pas hyper efficace, ni rapide) de demander en anglais au prof si ils peuvent ouvrir la fenêtre…

Repli stratégique? C’est ma classe, c’est comme ça, on parle en anglais. Parce que.

Je n’y arrive pas.

Je parle anglais bien sûr, mais ça ne me suffit pas.

Bref, depuis quelques années, je m’efforce le plus possible de connecter mes classes avec du vrai anglais, de leur donner de vraies opportunités de parler / écrire / interagir en anglais.

Ces 15 derniers jours, j’ai appuyé sur l’accélérateur, et j’ai lancé le wiki que partagent mes 5e avec une classe près de Chicago, nous nous sommes parlés avec cette classe, nous continuons à Twitter avec @rvhfrancais1, la classe de @mmelaymann, nous trouvons un rythme de croisière. Nous allons nous voir prochainement aussi en visio et enregistrer une vidéo pour ces élèves. Une classe au Danemark va travailler avec nous…

C’est fou comme je me sens bien à faire cela.

Et ils accrochent, se mettent au travail, se rendent compte que ce qui est appris en classe peut servir, qu’ils y arrivent, qu’ils se font comprendre et sont compris.

Bref, je suis un prof heureux. « Ouverture à l’international » comme disent les textes présentant le nouveau lycée.

Alors, à la décharge de ceux qui ne se sont pas lancés, il fait avoir envie, passer du temps à chercher, on n’est pas toujours aidé…

Mais voir le petit de 5e qui jamais n’a ouvert la bouche en anglais soudainement lever la main avec un grand sourire pour passer devant la webcam et me demander avant 3 fois si ses phrases vont, voir l’autre 5e demander si aujourd’hui on va dans la salle info, passer l’heure à chercher dans le cahier cette expression, mais si tu sais on l’a vue l’autre jour, voir les 4e aller sur leur temps libre en récréation travailler avec l’assistante pour écrire des Tweets…ca en vaut le coup.

Il y a du sens.

Certes, on ne ne peut pas certes faire que ça, que mettre du sens (quoique… ça pourrait être un joli projet éducatif) mais on se doit aussi le faire. On apprend l’anglais pour parler vraiment à quelqu’un dont c’est la langue. On écrit en anglais pour être lu.

Et si finalement les ‘mauvais’ élèves étaient en fait les plus pertinents et nous poussaient vers l’évident?

Ne faire que ce qui a du sens.