J’adore…le surréalisme et le pouvoir du crayon de couleur

Une belle et étrange semaine.

Des moments tendus avec des classes, et un transformation radicale dans la semaine.

Etrange.

Des « Moi, M’sieur, moi, moi ». Plein de mains levées. Des ‘ouaiiis’, des ‘roooh, mais nooon…’

Que se passe-t-il? Des sorties gratuites à la clé? Quelque chose à gagner?

Non, juste mon cours de jeudi. Des élèves se battant verbalement pour être interrogés.

Je nage en plein surréalisme… Bon, je ne me plains pas, mais pour le coup, je m’en serais presque voulu de ne pas les avoir tous interrogés… Si, si, promis, au prochain cours. Certains sont même venus à la fin du cours pour se faire interroger sur le cour par cœur…

Le travail d’accompagnement en atelier le midi et le soir commence à porter ses fruits. Comment on apprend? Pourquoi faire? Quels objectifs? Pourquoi je le demande? Qu’est-ce que ça apporte? Pourquoi par cœur? A l’oral? A l’écrit? Savoir écrire et dire?

Accompagner, donner du sens. Aider. Apprendre, ce n’est pas un jeu d’enfant. Apprendre, ça s’apprend.

Premier contrôle rendu où les résultats sont là. Des sourires. Timides, mais pleins de promesses, ou larges suivant le nombre de points verts (pas de notes chez nous, sauf sur le bulletin).

Comme un déclic. Certaines classes semblent comprendre que le travail d’apprentissage est directement lié aux progrès scolaires, que les choses apprises peuvent resservir et être réutilisées ‘dans la vraie vie’. Pour correspondre avec un américain et se faire comprendre. Pour parler à l’assistant en anglais et être compris. Pour parler en visio et voir que l’on est compris. Ce que nous faisons aussi en classe (je ne fais pas que du par cœur, hein,je vous rassure…).

Mais aussi qu’en apprenant on avait de meilleurs résultats aux devoirs. Les parents, ils aiment.

« Et si je n’étais pas ‘nul en anglais’ après tout? »

Bon, et les crayons de couleur?

Nous avons célébré Thanksgiving, après un travail en 3e et 4e de plusieurs semaines sur ce thème. J’ai proposé – sur mon temps libre – un atelier déco de la cantine après les cours. Des 3e se sont inscrits. Ont pris les choses en main. Ils plastifient les posters, ils impriment des menus, ils les mettent en forme, et certains sont juste heureux d’être là et de colorier des images. Juste une heure. On ne pense plus à rien, on colorie, c’est beau, ça détend. On redevient un enfant. Rien d’autre n’est là. Plus de bruit, de fatigue, d’énervement, de paroles dures entre eux, de tensions entre eux et moi, plus d’agitation, de stress…

Le calme.

Quelques CM2 passent par là, se joignent à nous. Et voilà un très beau moment entre les tout petits qui adorent colorier et les grands de 3e qui se mettent gentiment à papoter avec eux et colorient aussi.

Un peu de musique venant d’un portable. Les petits se mettent à chanter dans un anglais parfait (paroles connues par cœur, comme quoi le par cœur, c’est possible).

Un moment magique.

Au final, une cantine (un peu) plus jolie, un repas entre les assistants et les 3e très réussi, en anglais pour certains élèves. Un moment très sympa.

Le crayon de couleur, je le découvre, est magique.

Il colorie la page et au fur et à mesure du coloriage efface les moments difficiles, les tensions entre eux, entre eux et moi, fend la carapace plus ou moins dure de l’adolescent qui redevient enfant. Et si après, eux et moi, on ne se voyait plus de la même façon? Et si le coloriage hors cours de temps à autre changeait mon cours d’anglais?

En tout cas, joli pouvoir que celui du crayon de couleur.

4 réflexions au sujet de « J’adore…le surréalisme et le pouvoir du crayon de couleur »

  1. J’ai bien aimé cet article, vous vous débrouillez bien, pour un prof d’anglais… -;))

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  3. Je découvre votre blog, et je le mets directement en favori pour moi et… pour le faire lire à mes étudiants !
    La plupart d’entre eux ne comprend pas l’intérêt de « donner du sens », d’expliquer à quoi ça sert. Pour eux, il faut transmettre, et l’élève apprend.
    Je vois que vous arrivez aussi à mettre en place des temps qui correspondent à ce que nous appelons aujourd’hui les projets. Et cela me réjouit de voir qu’il n’est pas impossible de le faire. J’aurai moins l’impression de parler dans le vide, maintenant, merci :^D

    • Merci pour ce particulièrement gentil et flatteur commentaire.Je suis heureux de savoir que ce blog apporte quelque chose à quelqu’un, quelque part. En commençant, je pensais vraiment que personne ne me lirait…Je prends désormais beaucoup de plaisir à y écrire.

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