J’adore …les jours comme ça.

Mettre un temps fou à me réveiller, mais me dire que ça va, j’ai le temps. Le prendre. Le café, c’est bon quand même!

Ne pas avoir de bouchon, arriver au travail en moins de 10 minutes en écoutant LA chanson que j’adore du CD coincé dans le lecteur de la voiture.

Trouver une place tout au début du parking.

Arriver dans la salle des profs.

Etre accueilli par le grand sourire de ma collègue d’anglais, papoter gentiment. Me faire un (autre) bon café, prendre le temps de le boire.

Installer ma salle tranquillement.

Sourire quand les élèves me saluent à l’entrée de la salle.

Trouver que les nouvelles élèves sont sympas et que l’on va bien travailler.

Avancer dans tous les cours, sans avoir à hausser le ton (presque), en plaisantant avec les élèves, dans la bonne humeur.

Voir ma classe de ‘grands’ faire son devoir tranquillement, voir quelques copies et se dire que bon, ils progressent doucement…(très très très doucement…)

Se dire que ces plages d’aide aux devoirs (aujourd’hui les 5e) aident vraiment les élèves quand on arrive à ce qu’ils jouent le jeu.

Comprendre que le travail que je leur donne n’est pas facile pour eux, mais que leur montrer comment le faire, où commencer, déclenche tout.

Me dire que je vais réfléchir à comment les accompagner plus.

Faire un super cours avec eux ensuite, les entendre dire ‘Monsieur, on a vraiment bien travaillé aujourd’hui! Vous avez vu, on a écrit tout ça!’.

Me dire qu’apprendre le cours va leur prendre du temps.

Me dire que la nouvelle cantine est vraiment pas mal et que les grillades, c’est une bonne idée.

Passer un super déjeuner avec des collègues vraiment formidables qui partagent votre vision du boulot, ou la complètent.

Parler d’un projet interdisciplinaire génial pour l’an prochain. Me dire que j’ai vraiment hâte et plein d’idées…

Suivre pendant la récré le Proviseur-adjoint qui veut nous montrer le nouveau CDI et les nouvelles salles médialangue, me dire que disposer de ces outils, ça va vraiment être génial. Trouver la moquette du sol (pourquoi de la moquette?) vraiment pas belle…

Faire des plans de travail en commun avec ma collègue présente quant à l’utilisation de ces salles.

Me dire que sa proposition de partager des ressources avec moi me fait très plaisir, tout comme son enthousiasme devant le cours que je propose de lui donner.

Me dire que j’ai vraiment, vraiment de la chance d’avoir une équipe de collègues comme ça.

Avoir le temps d’enfin voir mon excellente collègue CPE en coup de vent.

Regretter de ne pas avoir pris le temps de lui dire que son boulot est vraiment super.

Me dire que je le ferai demain. Sans faute.

Passer une heure avec 2 élèves et ma collègue de français de la salle d’à côté sur un exercice de maths, trouver la solution et la démarche, être content de moi, même si on me dit que ce n’était pas exactement la bonne démarche.

Me dire qu’une heure pour faire cet exercice alors que le professeur pensait sûrement que ça irait vite devrait me faire réfléchir à ce que je demande aux élèves de faire hors du cours.

Finir la journée à 19h mais me dire que ça a passé vite.

Rentrer chez moi et recevoir un appel adorable d’un ex-collègue devenu ami.

Lire des compliments sur mon dernier billet de blog sur mon compte Twitter venant de gens pour le travail desquels j’ai un immense respect.

Manger une salade, cette huile d’olive à la truffe est vraiment un délice…

Recevoir un texto pour un déjeuner en ville demain midi, me dire que ça va être bien.

Ecrire un billet sur le blog.

Me dire que c’était vraiment une belle journée. Ou alors je suis de bonne humeur peut-être? Il y avait aussi des choses qui n’allaient pas sans doute mais je ne les ai pas vues.

Me dire que je devrais plus souvent faire ça.

Me dire que cette journée est l’exacte inverse de celle de la veille.

Vivement demain…

7 réflexions au sujet de « J’adore …les jours comme ça. »

  1. Bonsoir Frédéric,
    J’ai découvert votre blog grâce au tweet des cahiers pédagogiques (@brufrench) et je vous suis depuis quelques jours. Je profite de ce commentaire pour vous remercier et vous faire part de l’enthousiasme qui m’a pris après vous avoir lu. Je suis prof d’anglais dans l’académie de Paris, j’enseigne dans un collège du 18ème arrondissement. Je suis dans un collège qui est entré en expérimentation (selon le fameux article 34) et j’ai eu l’occasion de me familiariser depuis septembre 2010 avec le concept d’innovation pédagogique. Enthousiaste donc, de trouver sur un réseau social, un collègue comme vous, qui sache parler de son métier et du mien avec simplicité et sans cynisme. Comme vous, je suis fan de mon métier, je souhaite l’exercer au mieux de mes capacités mais suis hélas certainement trop pudique pour assumer le fait d’en parler publiquement (en plus j’ai toujours l’impression que les histoires de prof n’intéressent que les autres profs). Alors voilà, merci, d’avoir déclenché chez moi un sentiment de fierté pour appartenir à cette noble profession. Je continuerai de vous lire et espère avoir l’occasion d’échanger avec vous sur d’autres sujets.
    Bien à vous
    Bruno Franceschi

    • Merci beaucoup, je suis très touché par vos propos. Je crois que l’essentiel est en effet d’aimer ce que l’on fait. C’est l’angle que j’ai choisi pour ce blog, je n’oublie pas ce qui ne va pas, mais on en parle déjà beaucoup ailleurs.
      Quant à se lancer sur un blog, moi non plus je ne pensais pas que mes pensées de prof intéresseraient qui que ce soit…Un conseil: lancez-vous! Moi, je suis certain que j’adorerais vous lire. 🙂

  2. Quel beau billet pour commencer la journée! Pour mon usage perso, j’ajoute: « Faire comme Frédéric: noter ce que m’apporte la vie. Ne pas ajouter en guise d’autoflagellation: au lieu de geindre. Revenir à ce billet quand flanche le moral ».

    • Merci pour ce gentil commentaire.
      Je suis un râleur de première, je te rassure, je râle, je me plains, mais j’essaie de le faire moins, ou en tout cas de façon plus balancée. Ce blog est ma thérapie quelque part. 😉 Je n’oublie pas ce qui ne va pas, ce qu’il faut changer, améliorer, ce qui me fait râler, j’en parle au sein de mon établissement, mais ici, j’essaie de voir ce qui va, ce qui fait que, vraiment, j’adore ce métier.

      • Bonjour Frédéric,
        J’ai lu avec attention votre com. Je ne suis pas prof, juste mère de 3 enfants grandissants, mais ce que vous dîtes si bien s’applique à tous les âges, à tous les statuts. Je vais faire en sorte de m’en souvenir (hum, pas évident tous les jours..) car à force de ne s’attacher qu’à ce qui ne va pas pour tenter (vainement souvent) de l’améliorer, on s’épuise, pour finir par passer vraiment très loin de ce qui est bien. Bon courage à vous, vous faîtes un métier très très dur, et en + on vous casse la plupart du temps. Bonne année 2012 ! 🙂

  3. Il y a des tonnes d’humanité dans ce billet… Et toujours, en avançant avec toi dans la découverte de ce métier, vu et vécu autrement, la même question : pourquoi ai-je préparé l’agreg, sans jamais la passer?
    Vivement tout à l’heure…

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