J’adore … l’écrit lu.

L’activité d’expression écrite est l’activité que je gère le plus mal. En gros, les élèves écrivent juste pour me faire plaisir et ils m’écrivent à moi, juste pour que je les évalue. Bon, là je suis un peu sévère, mais ma préoccupation pour les activités d’expression consiste à contourner ça, et à ce que l’écrit soit lu, écrire pour quelque chose, ou plutôt pour quelqu’un.
Voici un petit compte-rendu de quelque chose que j’ai récemment testé. Il y a une quinzaine de jours, j’ai emmené un groupe d’élèves pour une sortie en ville. Nous avons pris des photos, photos mises sur l’iPad que m’a acheté l’établissement pour que j’expérimente avec, en particulier autour de Twitter (oui, je sais, j’ai de la chance). C’est à peu près le moment où son fabriquant a sorti une version tablette de son logiciel de retouche de photo. Là dessus, quelque chose m’a beaucoup intéressé. Une fonction permettant de faire un journal que l’on peut ensuite partager. En gros, on arrange les photos comme on veut, et à l’intérieur on glisse ce que l’on veut : carte, bulletin météo et espace pour écrire des notes.
Voilà ce qui moi m’intéresse puisque en 6e / 5e on me demande de travailler autour d’un niveau nommé A2 qui pour l’écrit est le suivant : «être capable d’écrire des énoncés simples et brefs». On précise même dans nos programmes «messages électroniques» et que «la langue est un instrument qui intervient dans la réalisation de tâches sociales»
et que «cette approche est qualifiée   » d’actionnelle  » dans la mesure ou la langue vivante est reliée à l’action».
J’ai donc pensé qu’il y avait là aussi un bon moyen pour relier ce que nous faisions au sein de l’établissement aux parents afin qu’ils se sentent inclus dans ce qui se passe dans l’école. Cela me semble important puisque nos élèves sont internes et ne rentrent pas tous les soirs pour raconter la journée, même s’ils le font par téléphone.
Donc, jeudi et vendredi dernier, j’ai préparé l’album et ai demandé aux élèves en question de préparer les légendes des images. Il fallait les préparer au brouillon, vérifier avec moi que cela allait puis ensuite les élèves pouvaient taper leurs messages. Chercher des mots dans le dictionnaire (qui quand même en rebute plus d’un chez mes élèves) n’a pas posé de problème, ni même l’idée de faire un brouillon avant.

Succès immédiat, grande motivation et façon très stimulante de faire de l’écrit et des productions très sympas, simples mais avec du réinvestissement spontané de choses vues avant (des phrases exclamatives par exemple pour parler de la sortie…).
Nous donnerons aux élèves une copie du produit final (qui en gros ressemble à une assez belle page web imprimable) et cela fera un souvenir de la sortie aux élèves, mais aussi un joli document pour les parents. Nous pourrons aussi afficher cela quelque part (panneau d’affichage, dans la classe…), l’envoyer aux écoles avec qui nous travaillons de l’autre côté de l’Atlantique et leur dire qu’il y a des choses à lire.
L’iPad est ici un moyen, pas une fin en soi, ça marcherait très bien aussi avec un compte-rendu sous forme de Powerpoint ou autre, mais puisque que j’ai l’iPad, autant s’en servir…Et il faut reconnaitre que l’objet est assez magique à leurs yeux. Puisque son usage est appelé à se répandre, pourquoi ne pas l’intégrer comme l’une des façons d’écrire en anglais, sans que cela ne rentre en concurrence avec les autres ?
Lors de la prochaine sortie, on emmènera l’iPad et on live-tweetera la sortie par exemple…si les correspondants sont en ligne en même temps, ça sera parfait…On verra. On se rapproche d’un écrit « naturel », spontané (quand vous sortez, vous aussi vous tweetez, non ?), et ça me plaît.
Voilà, je cherche, je tâtonne, cela n’est pas toujours confortable mais jamais je ne m’ennuie.

Une réflexion au sujet de « J’adore … l’écrit lu. »

  1. J’adore ce que je lis parce que j’ai vécu la même expérience il y a presque 11 ans avec mes élèves de BEP et bac pro . C’était en septembre 2001 : l’atttentat du world trade centre à NY et 10 jours après , l’xplosion d’AZF à toulouse. Nous avions des correspondants e-pals et nous échangions des mails en anglais et en français . Je suis à la retraite aujourd’hui mais j’ai gardé les messages où les jeunes Californiens proposent aux Toulousains de les aider à exprimer leur chagrin. C’est toujours émouvant . J’ai continué les échanges mails pendant 2 ans ; tous les élèves avaient plusieurs e-pals dans différents pays européens, américains ou canadiens . Les messages étaient rédigés dans le cadre des évaluations : la fameuse « trace écrite » qui devenait une expression de leur vie . Techniquement , j’envie les profs d’aujourd’hui . J’ai travaillé avec une salle info de 15 PC avec d’énormes pbs de connexion , et beaucoup d’énergie dépensée pour démontrer que l’informatique permet d’enseigner et d’apprendre une langue vivante pour de vrai. Si certains veulent des détails sur les cours, les séquences , les astuces etc.. , n’hésitez pas.

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