J’adore tout remettre à plat (1)

Longtemps, j’ai été professeur de façon « classique ».

Rien de mal au classique, hein. Comme beaucoup, je préparais mes cours avec sérieux, en cherchant, travaillant. Je faisais cours. Les élèves, enfin, une partie, participaient et suivaient. Une partie. Plus ou moins importante. Pendant 2 ou 3 mois chaque année, je m’efforçais de faire venir à moi ceux qui ne « travaillaient pas », ne participaient pas, ne s’impliquaient pas, ne faisaient pas leurs devoirs.

Je mettais des mots dans les carnets, je prévenais les familles, je dialoguais, je me fâchais, j’essayais toute la palette possible. Et puis, au bout d’un temps plus ou moins long, avec plus ou moins de facilité et de paix d’esprit, je décidais d’avancer, et progressivement, cette partie de la classe n’en faisait plus partie. Avec plus ou moins d’agressivité à mon égard. Cela se passait globalement pas trop mal avec eux, cela me surprend encore.

Mais bon, je le vivais de moins en moins bien. Etais-je devenu enseignant pour me résoudre à faire cours à une partie de la classe seulement, celle-ci, suivant la classe, était ou non la majorité? Non, bien sûr, mais que faire? Comment?

Je faisais cours comme on m’avait appris, avec application. Je faisais des efforts pour faire des cours attractifs, en faisant participer les élèves, en essayant d’avoir de l’interaction entre les élèves… Je pensais que ça suffisait. Je voyais de plus en plus que non. Mais, je ne trouvais pas ce qui pouvait manquer.

Un jour, il m’a été glissé l’idée que nous, les professeurs, devrions aussi nous impliquer dans l’assimilation des connaissances, pas uniquement dans leur transmission, et que ‘faire cours’ c’était aussi s’assurer que les choses ‘passaient’ chez l’élève, quitte à l’aider à « assimiler’.

Quoi, quoi, quoi ?

Déjà pour moi, grand geek fan de Star Trek, l’assimilation c’était les Borg…Mais bon, ça ne pouvait pas être ça… 😉

Ouais, non mais n’importe quoi… Et puis quoi encore…?

Forcément, j’ai résisté à l’idée. Comme toute bonne idée, elle me déstabilisait trop.

Le mot « assimiler » ne me plaît toujours pas mais…il y avait là une idée qui me plaisait et à explorer.

Depuis 3 ans, pour tout un tas de diverses raison, mais en partie car je vivais de plus en plus mal de laisser cette partie de la classe en marge et aussi au contact de collègues rencontrés sur Twitter, je m’y suis mis.

J’ai progressivement « tout remis à plat ». Pour être franc, je suis plutôt en plein milieu du chantier. Stressant, déstabilisant, mais passionnant.

A demain, pour la suite !

7 réflexions au sujet de « J’adore tout remettre à plat (1) »

  1. C’est intéressant et fait échos à mes questions perso… J’ai hâte de voir la suite (parce que je n’ai pas de public captif pour de vrai mais le concept m’intéresse tout de même)

  2. Ah, des nouvelles… hâte de lire la suite car moi j’en suis restée à l’état que vous décrivez dans votre post précédent… L’équilibre j’essaie pourtant de le rétablir mais l’inspiration et la motivation ne reviennent pas… Vivement donc vous relire avec votre tnhousiasme communicatif 🙂 !!

    • Non, non, ça va mieux. Disons que l’année a été dure pour diverses raisons. J’espère que vous allez bien aussi.

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