J’adore…janvier.

Tenir un blog, c’est vraiment bien. En 2 ans, j’ai appris beaucoup.
Un exemple?
Janvier.
Je sais en lisant mon blog qu’en janvier, je passe par tout un tas de doutes. Tous les ans, je m’interroge sur moi, mon métier, ma façon de travailler, ma décision de changer d’établissement ou pas…
Avant, je ne vivais pas bien tout cela, je tournais et tournais dans ma tête.
Je sais maintenant que janvier est pour moi un creux des montagnes russes dont je parlais dans mon billet précédent, et je sais que c’est une étape.
En janvier, mes élèves aux vies compliquées, aux parcours chaotiques, rentrent de 15 jours de congés loin de l’Internat, de ses règles et cadres. Pour certains, le retour est compliqué. Compliqué de se remettre au travail, de respecter à nouveau ces cadres-là. Parfois les 15 jours ailleurs n’ont pas été 15 jours heureux, ils ne savent pas comment gérer ça et ‘ça’ se manifeste en cours par de la défiance, de la passivité, de l’agressivité. Comme une soupape.
Et moi, mes collègues, nous sommes la soupape.
Et pourtant, moi, la soupape, je reviens à chaque fois en janvier tout content. En général, j’ai quitté des élèves en pleine ascension scolaire, les classes s’apaisent, les réussites font du bien aux élèves. On est bien en cours, on est bien ensemble.
Bref, je suis impatient de les retrouver.
Et à chaque foi, patatras! Tout est à reconquérir, reconstruire. Redonner confiance en l’école, en eux, en leur capacité à y arriver, expliquer à nouveau que le travail scolaire ‘paie’, que c’est une des clés. Que tous peuvent y arriver à coup de travail. Qu’ils ne sont pas ‘nuls’. Que je ne les lâcherai pas, que je veux les amener plus loin.
Et c’est dur.
Heureusement, ça va plus vite en janvier. Aujourd’hui, 2 semaines et demies après la reprise, je les retrouve presque comme avant, après beaucoup d’inquiétude, de dialogue avec eux, de coups de colère aussi. Je retrouve des sourires, des bonjours dans les couloirs. De l’envie. Chez eux. Chez moi.
Je tiens un blog, je disais. Et moi le professeur, j’apprends. Je m.apprends, je les apprends. Je me comprends mieux, je les comprends mieux. Je sais que février va venir. Que tout va repartir. Qu’il faut tenir.
Et j’adore janvier, donc.