J’adore…finir l’année.


La fin de l’année, pour moi, ça a toujours été un moment étrange.

Une fois passés les derniers bulletins remplis, conseils de classes passés, il reste un moment étrange entre ce temps là et la vraie fin de l’année. Plus de stress, plus d’enjeux, les jeux sont faits, les décisions prises.

Peu d’élèves restent présents pour diverses raisons, on fait des réunions pour préparer la rentrée (dans mon établissement, avec beaucoup de sérieux), on parle répartition de services, commandes de matériel, de manuels, on rencontre les nouveaux collègues, on cale les projets à venir, mais tout ça dans un étrange et bizarre flottement. On n’est pas vraiment en vacances, mais on ne se sent plus vraiment dans une ambiance de travail. Moi, j’ai besoin d’élèves pour me sentir en vacances. D’ailleurs, la cantine est désertée au profit des petits cafés restos du coin, et ici dans le sud, on optimise ce temps de pause déjeuner pour profiter de la lumière et de la chaleur.

Quoiqu’il en soit, ce moment sans élèves ou presque, qui reste du travail (parce, j’insiste, on est très sérieux) reste irréel. Moi, j’ai toujours beaucoup de mal à prendre des décisions sur l’année qui vient lors de ce moment là. Tout me va. Les classes, les salles de classes,les manuels, le matériel etc. Oui, oui, ok. Souvent à la rentrée, je peste contre ma nonchalance à ce moment là…Tant pis.

Au milieu de tout ça, je dois corriger des copies d’examen, retour au réel, mais voilà, à part ça, l’année est bel et bien finie.

Je suis content de ce que j’ai fait avec mes élèves, de ce que j’ai essayé, testé, expérimenté, moins d’autres essais, c’est ainsi. Il faut se tromper aussi. Maintenant, il faut les laisser partir et avoir de nouveaux enseignants, ou peut-être à nouveau moi en classe supérieure, il faudra découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles façon de penser, de nouvelles attentes, de nouveaux besoin pédagogiques: bref, vivement la prochaine année, tout un défi pour moi.

Maintenant, là, j’ai envie d’essayer plein de nouvelles choses, et j’ai toujours aussi faim de mon métier. De jolies choses m’attendent pour l’an prochain mais chut, ceci sera pour un autre billet. Peut-être même avant la rentrée si vous êtes sages.

Sinon, bonnes vacances, et à la rentrée.

J’adore… mon année numérique.


Il y a un peu plus d’un an, j’étais à l’Unesco, au salon de l’Innovation de l’Education Nationale.

J’ignorais tout de Twitter, sauf le fait que Barack Obama s’en servait, je ne savais pas trop pourquoi, comment.

Les blogs ? Ouais, bon, ok, mais à quoi bon ? Pour dire quoi ? Etre lu par ma mère ? (maman, tu eux lire mon blog, bien sûr, hein, mais autant que je te téléphone pour tout vous raconter à toi et papa…).

Les Cahiers Pédagogiques, sympa comme revue. Jamais je n’écrirai dedans, mais bon, bien.

Et Facebook ? Le mal absolu, voleur d’intimité, jamais au grand jamais je n’aurai un compte.

Un an plus tard, je suis à la tête d’un compte personnel sur Twitter avec 220 abonnés et 6000 messages et d’un compte classe.

Je tiens régulièrement un blog qui a reçu en 9 mois 8000 visites.

Et depuis peu, j’ai une page Facebook que j’alimente régulièrement, que je vais lire, j’ai 55 amis et j’en suis ravi.

Mais que s’est-il passé ?

Rien. Tout.

J’ai découvert en quoi le web 2.0 m’était utile en tant que professeur et professionnel de l’Education.

Commençons par Twitter.

J’ai déjà raconté comment @amadineter @ticechampgnole et @latineloquere m’avaient donné envie de rejoindre Twitter. Mais bon, ça m’a apporté quoi? Ils sont venus avec leurs amis. Au début, bien qu’enthousiaste, j’étais un peu circonspect. Bon, ok, je vois comment ça va me servir pour les élèves, mais à moi…. bof. Sauf que ces trois là sont venus avec leurs amis qui leur ont fait confiance, se sont abonnés à mon compte et j’ai commencé à papoter avec @2vanssay @drmlj @dawoud68 etc etc. J’ai découvert un monde intéressant, fait de mutualisation, d’échanges, d’ouverture. Au lieu que ma communauté professionnelle soit en gros celle de mon établissement, c’est devenu la France. J’y ai gagné en richesse. Et je dialogue aussi avec des non-profs mais passionnés. Professeur et ouvert sur le monde. Alors attention, hein, ce n’est pas la planète des bisounours non plus. Mais j’ai instauré une lecture fréquente de leur tweets et des liens vers lesquels ils envoient et un dialogue tout aussi fréquent avec une partie de mes abonnés, j’apprends beaucoup d’eux, je lis des ressources liées à mon métier, je progresse, j’apprends. Un souci ? Quelque chose que je ne sais pas faire et que je veux apprendre ? Je fais quoi ? Je demande. Et bien souvent, j’ai de l’aide. Parfois, même, maintenant, j’en donne. 🙂 Lors de la 2e session des Journées de l’Innovation, j’ai rencontré une bonne partie de mes abonnés. On était un peu timides de se voir en vrai. Mais très vite, on a échangé, dialogué, rit, partagé nos valeurs. Et vous savez quoi? Dans la vraie vie, ils sont tout aussi passionnants !

Lors des 1er mois, j’ai découvert leurs blogs. 140 caractères, c’est bien, c’est concis, mais c’est court. J’ai bien souvent dit que j’avais trouvé tel ou tel billet sympa, intéressant. Et puis, un jour, sur Twitter…

–  » Mais vas-y, lance-toi.  »

–  » Non mais moi je n’ai rien à dire. »

– « Tu verras bien.  »

–  » Mais ça va intéresser qui, mes propos ?  »

–  » Ben, moi déjà.  »

Et hop ! Happé, lancé, pris au jeu. J’ai découvert à quel point j’aimais écrire, et redécouvert à quel point j’aimais mon métier. J’ai parlé de tout, de rien, mais surtout de ce que j’aimais. Pas envie de parler de mes coups de blues, des moments durs, de ce qui ne va pas. On dresse partout déjà un portrait bien sombre de ce métier que j’aime et qui est bien souvent si beau. Envie de me focaliser sur ce qui fait que j’adore…mon job. Le titre et l’angle étaient tout trouvés. Relayé sur Twitter par mes fidèles twamis, le blog a commencé à vivre en octobre 2011, j’ai depuis écrit plus de 40 billets et reçu tout plein de commentaires, d’échanges, de visites (plus de 8000). Incroyable ! Jamais je n’y aurais cru. Mais surtout, je prends du recul, j’écris, je réfléchis à ce que je fais. Cela m’est devenu indispensable. Je ne sais pas comment je faisais avant. François Muller disait qu’on devrait tous (professeurs) tenir son journal et parlait je crois de Nouvelle Zélande où cela se faisait. Je partage cela totalement.

Bon, vous pensez bien que du coup, je n’allais pas résister longtemps à Facebook. Poussé par @dawoud68 et @2vanssay me voilou sur Facebook, et là aussi, je découvre, j’apprends, je paramètre, et je me félicite chaque jour de lire les « amis » que j’y ai et qui partagent leurs lectures, leurs liens, leurs coups de cœur. Mon intimité volée, j’en fais quoi ? Comme m’a très bien dit @2vanssay, il suffit de n’y laisser que ce que l’on veut y laisser. Pour moi, c’est simple, c’est une page tournée vers mon métier. Un complément au blog, j’y écris ce que je fais dans ma vie de professeur, et surtout, je lis, réagis aux apports des mes  » amis « .

Et au final, honneur suprême, les Cahiers Pédagogiques ont lu mon blog et en ont fait leur blog du mois en janvier, petite pub sur leur page Facebook et là ruée de visiteurs. Du coup, j’en suis naturellement venu à écrire sur eux sur le blog, et pour eux et me voilà publié sur une page et demie dans le numéro 498 à côté de tous ces gens que j’admire et respecte. Belle expérience aussi que d’écrire et partager son vécu d’expérience en tant qu’enseignant avec Twitter…

Et si, du coup, de par ma présence sur le Web 2.0, moi aussi, je donnais envie à quelqu’un de se lancer et de vivre une année aussi riche ?

Vivement l’année 2 !

J’adore…le mois de mai.


Déjà?

Sérieusement?

On est déjà arrivé – quasiment- au mois de mai? Les ponts, tout ça?

Incroyable!

Demain, il y a une réunion pour préparer la prochaine rentrée?

J’ai l’impression que la rentrée c’était hier!

C’était hier -non ?- la première nuit avant le premier cours ? La première nuit durant laquelle on ne dort pas vraiment bien, mélange d’impatience et de léger stress de la reprise. Vous commencez à avoir l’habitude, mais non, la 1ère nuit, toujours un peu pénible…

Où est-il le 1er cours, tout le monde est un peu nerveux, vous, les élèves, comment ça va se passer?

La rentrée et les nouvelles têtes, les nouveaux élèves qui se demandaient quel genre de prof vous étiez, ou qui pensaient que vous étiez comme ci ou comme ça en ayant discuté avec les autres élèves. Vous qui vous demandiez comment allait être telle ou telle classe en fonction des élèves que vous connaissiez déjà, tout ça pour s’apercevoir qu’en fait pas du tout, la classe devint complètement différente.

Les nouveaux collègues qui arrivent avec plein de nouvelles idées stimulantes, posent des questions sur comment on fait ci ou ça dans l’établissement et qui font que l’on se remet en question, des personnes qui deviennent vos amis, vos confidents dans la salle des profs autour d’un café quand vraiment vous passez une mauvaise journée ou ne savez plus comment réagir face à des élèves en difficulté…Les nouveaux et les anciens avec qui vous sortez pour déjeuner et avec qui vous oubliez cette matinée un peu dure. Les collègues à qui vous remontez le moral aussi quand c’est difficile d’arriver dans un établissement. Les collègues formidables avec qui vous partagez les bons moments de votre vie de prof et partagez les leurs…

Déjà passées les 1ères corrections de copies, les 1ères évaluations, que vous aimez ( » ah comment c’est passé ce sur quoi on a travaillé dans ma super nouvelle séquence ? « ) mais en même temps que vous avez du mal à finir de corriger car vous êtes très fatigué ( » encore 5 copies, 4… 3… « ) ?

Déjà faits les 1ers bilans, les 1ers conseils de classe tard le soir,  » et j’ai 6 heures de cours demain… » )?

Déjà terminée la 1ère réunion parents professeurs avec les 1ers bilans, les 1ers encouragements, les 1ères inquiétudes. Oubliée la gorge sèche d’avoir parlé non-stop pendant 3 heures?

Envolés le 2e trimestre, les congés de février, ceux de Pâques et voilà, les prochaines vacances seront celles d’été et on aura fini cette année 2011-2012. Incroyable, vous dis-je!

Et puis, on recommencera. Les nouvelles, têtes, les nouveaux élèves, les nouveaux collègues, la première nuit avant le premier cours, le premier cours, les 1ers paquets de copies, les premières réunions. On recommencera, pareils mais pas tout à fait. On sera là, mais un peu différents. Et tout sera donc différent. C’est ça qui est bon dans ce métier.

Mais avant, laissons passer mai, juin et voyons ce qu’ils nous apportent…