J’adore…Ludovia.


Un reportage vidéo très sympa de Ludovia. Merci.❤️

Ici

J’adore…Padlet.


Jusqu’à présent je vous ai beaucoup parlé des raisons qui me faisaient aimer mon métier, mais pas trop de ce que je faisais, donc me voici de retour après des mois, une éternité sur internet, une éternité qui m’a fait me demander si je devais continuer ce blog ou pas, et puis voilà, moi je l’aime bien mon blog aléatoire qui existe quand il a le temps. Donc, de retour pour plusieurs billets pour vous parler des outils que j’utilise et comment. Aujourd’hui : Padlet.

Tout d’abord merci à l’excellent @remi_masse (suivez son compte !) qui me l’a fait découvrir.

Alors, c’est quoi ? Padlet, c’est comme un bon vieux paperboard, mais sur internet. Vous me direz – on me l’a déjà dit – pourquoi pas la feuille de papier alors ? Oui, ou les signaux de fumée… ou les papyrus…

Plus sérieusement : pour plein de diverses raisons. Déjà, cette « feuille », « page » est accessible de n’importe où pourvu que l’on ait internet, et on peut aussi en paramétrer l’accès en installant un mot de passe (et hop, un espace privé, juste pour vous et vos élèves), personnaliser l’adresse web (ça c’est assez génial, et je passe pour un prof super cool), et on peut aussi décider de ne pas avoir un fond blanc mais y mettre tout type de fond. Bon, d’accord, c’est juste esthétique, mais on arrive à quelque chose d’assez beau au final.

Tout contenu déposé peut aussi être partagé sur les réseaux sociaux, mail etc. Si la page est protégée par un mot de passe, on ne peut accéder à ce qui a été partagé qu’avec le mot de passe. Moi je ne m’en sers pas, les élèves non plus. Je demande aussi toujours aux élèves d’intervenir de façon anonyme. Voilà pour le côté « parano / sécurité », qui n’est pas inutile, il est vrai. Il y a aussi une version payante avec plus de fonctions, mais je n’en ai pas encore trouvé l’intérêt.

Et alors, ça fait quoi ? On écrit sur une page ? La belle affaire ! Sauf que non. On peut y déposer PDF, lien web, vidéos (sous une certaine limite), photos etc. Et le tout très simplement. Glisser / déposer. Je mentionne la simplicité car quand on voit les vrais enfers que sont certains ENT sur ce domaine on se dit que…(auto-censure)

Ah ! Vous voyez que ça commence à vous intéresser. Plus je me sers de l’outil, plus j’en vois la pertinence. Ce qui est très intéressant, c’est que l’on peut aussi paramétrer l’outil pour que telle page créée soit juste consultable, que les élèves puissent participer, voir tout éditer.

Je fais quoi avec ?

Je crée une page par séquence et j’y dépose tout ce qui a été fait, PDF, photos du tableau, copie écran du TNI, lien vers une vidéo, fiche de grammaire, de vocabulaire etc. en mode consultation. Quel intérêt ? Déjà, les élèves, mais aussi les parents qui veulent suivre (il y en a, si si !), trouvent tous les documents qui ont été utilisés dans la séquence. A quoi ça sert ? Déjà, plus de  : «  Mais moi j’étais pas làààààà quand vous l’avez fait ! » et les élèves apprécient de pouvoir retrouver le cours en cas de « perte » du cahier. Au final, on a un joli mini site web sur la séquence. On peut aussi imaginer y déposer les plus jolies productions finales, en accord bien sûr avec les parents, et / ou anonymées.

On peut aussi se servir de Padlet pour travailler certains points spécifiquement. Dans une séquence nous avions travaillé avec mes élèves sur la dérivation par suffixe comment par exemple « fear » devient un autre mot avec -less accroché à la fin. J’avoue, ce n’est pas ce qui est le plus passionnant dans ma vie de professeur. Pour la tâche finale, les élèves avaient besoin d’utiliser beaucoup de ces mots. J’ai créé une page Padlet et demandé aux élèves de déposer leurs mots en indiquant uniquement leur prénom (je leur demande de ne jamais laisser d’information personnelle, même si la page est privée). Ils devaient faire ce travail hors du cours. Cela donne alors comme un bout de papier déposé sur la page pour chaque élève. J’ai donc eu toute une page avec énormément de mots trouvés, les élèves ont été plutôt amusés par l’activité et ont mine de rien travaillé leur lexique. Cette page peut par la suite s’imprimer, et après éventuelle correction, on obtient une très chouette fiche de vocabulaire. Ce qui me plaît aussi, ce que l’on a basculé là en mode collaboratif : les élèves ont travaillé ensemble à la tâche finale de chacun.

Je me sers aussi de Padlet pour travailler la compréhension de l’oral. Merci @AddyCassin pour l’idée, partie de son travail en compréhension de l’écrit. Je mets sur une page Padlet un lien vers un fichier son, et je demande aux élèves d’écouter, de noter les mots clés (chacun dépose ce qu’il a compris, de même façon qu’expliqué plus haut avec le vocabulaire), puis par groupe je leur demande de commencer à produire un résumé. Je donne un temps limite, chacun fait ce qu’il peut et travaille à son rythme, mais chacun à droit à son rythme, et a quelque chose à apporter. Cela implique d’aller en salle informatique, mais on aboutit à un travail très intéressant. Cela peut éventuellement se faire hors du cours par la suite, le cours servant alors à la mise en commun que je peux anticiper en allant voir ce qui a été déposé sur le padlet. Le même principe s’applique pour la compréhension de l’écrit, on dépose un texte, et les consignes etc.

A noter que le professeur peut avoir un rôle de modérateur et il doit alors valider tous les écrits des élèves. Prudent, c’est ce que j’avais fait lors de mon premier Padlet en seconde. Dans la journée, les élèves sont venus me voir : « Mais Monsieur, on écrit, mais y’a rien ». J’ai alors expliqué que je devais valider les messages. Les élèves m’ont alors rétorqué, choqués : « Mais Monsieur, quand même, vous nous faites pas confiance ?! » Et après tout, pourquoi ne leur feras-je pas confiance, me suis-je alors dit ? Je n’ai jamais eu depuis de problème. Après, à vous de voir.

Voici un lien vers un Padlet: ici  vous pouvez aller jeter un oeil, laisser respectueusement un message.

Alors voilà, on peut faire sans, mais cela apporte vraiment un réel plus. Je pense qu’il y a là matière à un travail plus individualisé et plus approfondi, et à l’heure où on nous demande de faire du numérique mais avec tous les freins possibles et imaginables, comme si on nous faisait pas confiance, comme diraient mes lycéens, voilà une partie de ce que je fais et qui est accessible à tous assez simplement.

J’adore… le vendredi.


Un vendredi matin. Mes internes ont une demi-heure avant pour faire le point sur la journée, se mettre en condition de travail. Des stagiaires M1 en fond de salle. Je fais entrer les élèves, on se salue, je souris (toujours quand ils rentrent), j’ai installé un kiosque presse / journaux en français et en anglais, livres, BD en anglais, quelques biscuits, ils rentrent, il y a de la musique anglaise en bruit de fond. Chacun est libre d’organiser sa demi-heure comme il le souhaite dans ce cadre-là : relire les cahiers des cours du jour, lire quelque chose, réviser, venir repasser une évaluation, me demander des conseils. 3 élèves me demandent à être interrogés à l’oral sur la leçon (si, je vous jure) parce que « on est les seuls de la classe à ne pas être passés ». Tout va bien, des erreurs, mais que de progrès… Des sourires. Des efforts. « Monsieur, moi je voudrais repasser pour m’améliorer sur l’accent comme vous m’avez dit, j’ai travaillé. » Ok, on y va. Les autres lisent tranquillement, révisent, certains papotent doucement, mais bon, chut. C’est notre demi-heure, on s’échauffe pour la journée. On est bien. Oh, il reste un biscuit un chocolat…

 

Le même vendredi, les mêmes élèves, le même professeur, l’heure de cours qui suit la demi-heure. Les élèves ont aujourd’hui une heure de travail personnel. Chacun fait son menu. J’ai inscrit les choses à faire, à finir au tableau. Certains vont sur l’ENT pour imprimer des documents mis à leur disposition, d’autres écoutent les capsules réalisées sur le preterit par des élèves de la classe, d’autre écoutent le cours enregistré à l’oral, certains finissent le compte-rendu du document étudié hier, certains finissent des choses en retard. Certains sont assis et révisent pour l’évaluation de lundi, certains viennent me rendre des devoirs sur clé USB fait sur l’ordinateur fourni par la région (qui donc leur sert). Tous jouent le jeu, demandent des conseils, travaillent. Un bruit de fond raisonnable. 2 élèves sont en retrait, mais ne perturbent pas…Beaucoup de conseils à donner, de choses à expliquer, d’erreurs à corriger, d’efforts remarqués. Beaucoup d’envie de bien faire.

 

Un vendredi matin, fin de cours. Une lycéenne vient me voir pour me parler.

– « Monsieur, voilà, je voulais vous dire merci, j’ai beaucoup progressé en anglais ce trimestre, et c’est grâce à vous. »

– « Si tu as progressé c’ets surtout grâve à toi, à ton travail. »

– « C’est vrai, d’accord, mais c’est aussi grâce à vous, donc voilà. Bon week-end Monsieur. »

Je reste tout chose, touché par tant de gentillesse (oui, je suis un gros nounours émotif).

 

Vendredi, dernière heure de cours du matin, 11h30 et 12h30. Les élèves se rangent, je dois hausser le ton pour certains, je parle à 2 élèves en aparté avec qui j’ai eu un différent la veille à qui je dis que nous repartons sur de nouvelles bases, on me grommelle ‘mwoui’ (l’ado est rancunier). Une élève en grande difficulté m’annonce qu’elle sait ‘trop bien’ son cours, toute souriante. Bon. Tout le monde rentre, du bruit, de l’agitation, j’interviens, je recadre, j’explique. J’interroge sur ce qui était à apprendre. Une moitié de classe lève la main pour être interrogée et ronchonne quand j’interroge un autre. Je finis par interroger un tiers du groupe. Que des points verts (évaluation réussie). Des sourires. On travaille, je contiens l’oral désordonné, dans tous les sens, sans lever la main, mais on produit un très beau cours. Je donne les devoirs, je dois un peu me battre, je suis interrompu par des questions. Cela m’énerve, et je me rends compte que toutes sont sur le travail à faire. C’est fouillis, c’est touffu, mais finalement n’ai-je pas à être fier de ces élèves qui veulent savoir, comprendre, bien faire ? Fin de cours. Ils partent, me disent (presque) tous « Au revoir, Monsieur », certains me souhaitent un bon week-end. Certains restent. « Monsieur, comme vous n’avez pas pu m’interroger tout à l’heure, je peux être interrogé là ? » Allez, on y va !

 

Un vendredi, Milieu d’après-midi. Je rentre chez moi en sortant vers le parking en passant le long de la cour. Une élève crie mon nom en courant vers moi « Monsieeuuuuur, Monssssieeeuuuur ». Mi-amusé, mi-inquiet, je la regarde et marche vers elle, me demandant ce qui se passe de si grave.

« Voilà, je voulais vous demander, avant que vous ne partiez chez vous, pour le devoir à vous rendre lundi est-ce que si je fais ci ou ça, ça va, on en a discuté tout à l’heure avec la prof de français vu que c’est sur la dérivation par suffixe comme en français… » (mazette !)

Je souris (parce que quand même c’est touchant…), j’explique, et je dis que ceux qui veulent peuvent m’envoyer les brouillons sur notre ENT et je regarderai, guiderai…

« Oh super, merci, bon week-end ».

Je ne sais pas pour le week-end, mais le vendredi, déjà, il est franchement sympa.

Il y a des jours comme ça qui me rappellent pourquoi j’adore mon job.

J’adore… mes élèves producteurs de contenus numériques.


En ce lundi 10 novembre, je n’avais que 8 élèves présents en classe. La question lancinante était « Qu’est-ce qu’on va faire, Monsieur ? ». (Ben travailler, cette blague ! Non, mais oh…)

J’ai décidé de profiter de cet effectif très réduit pour tester mon idée de rendre les élèves producteurs de capsules.

Nous venons de réutiliser le preterit simple pour aborder un document et ils vont en avoir besoin pour leur tâche finale (ce qui sert à évaluer les élèves à la fin du travail), et du coup, plutôt que de faire un dixième rappel grammatical, j’ai décidé de les rendre actifs. Le preterit simple ils l’ont vu en 6e, 5e, 4e, 3e et ce n’est pas un énième rappel qui le leur fera plus comprendre et maîtriser visiblement.

Le défi était donc de produire une capsule, par groupe de 3, en utilisant un iPad et Voice d’Adobe. D’emblée, les élèves ont compris comment ça marchait assez facilement. L’expérience s’avère être passionnante. Les élèves ont compris qu’il fallait organiser leurs idées après les avoir rassemblées, les hiérarchiser, donner une information par ‘diapo’, être concis, bref et clair. Les groupes ont travaillé aussi sur quoi garder, quoi ne pas garder, comment mettre en forme chaque mini diapo de 10 secondes, comment poser sa voix, comment être compris en posant sa voix (puisque la capsule sera destinée aux élèves absents et aux élèves de 4e). Les trios ou paires ont dû négocier le contenu, quelle icône choisir pour illustrer, juste du texte ? Du texte plus une icône ?

Je n’ai pas réussi à tenir le délai (tout finir en 1h30), mais j’ai récupéré les iPads, je vais proposer des améliorations, souligner les points positifs, et leur laisser une demi-heure pour finir jeudi. D’ici là, je vais aussi proposer les capsules via l’ENT, demander ce qui manque selon les autres, élèves, ce qui est bien, ce qui peut- être amélioré. Ce qui est très intéressant, c’est de voir comment ils organisent les choses complètement différemment de moi, du coup, j’ai aussi pas mal d’idées pour mes prochaines capsules…

Mais, me direz-vous, ils n’ont pas fait d’anglais… Ils n’ont pas parlé anglais… Déjà, si, la grammaire c’est aussi de l’anglais… Et ensuite, non, ils n’ont pas parlé en anglais, mais ils ont énormément réfléchi sur le métalangage (ce qui mine de rien n’est pas mal en seconde), sur comment expliquer les choses, et je suis persuadé que ces élèves producteurs de contenu– outre la fierté de voir leur production finale utilisée et utile – se souviennent bien mieux de la façon dont fonctionne le preterit simple que si j’avais fait une heure là-dessus via une fiche et des exercices…

J’adore… mes secondes (ou réussir ma rentrée, partie 2).


Il y a quelques années, j’avais eu une classe de seconde. L’expérience avait été plutôt déplaisante, cela ne s’était pas bien passé, et du coup, j’étais resté dans ma zone de confort, avec les collégiens avec qui j’adore enseigner et avec qui je suis sans doute plus à l’aise.

Et puis, cette année, j’ai décidé de suivre mes collègues dans un projet de classe inversée, et de sortir de ma zone de confort (parce que je suis comme ça, et que je me dis que je ne suis pas encore assez vieux pour ne pas me lancer des défis…).

Je suis allé à mon premier cours avec eux la boule au ventre, me demandant comment cela allait se passer. Sans doute la même boule au ventre que eux avaient en se demandant qui j’étais, si j’allais prendre en compte leurs difficultés, les juger s’ils n’y arrivaient pas… Nous sommes quand même dans un système qui crée de l’angoisse là où il devrait créer du plaisir d’apprendre (et d’enseigner). Et pourquoi ne pas fonctionner autrement ?

J’ai rencontré des élèves persuadés qu’ils étaient ‘nuls’, très conscients de leurs faiblesses, ne mettant jamais en avant le positif, extrêmement inquiets devant la perspective de devoir se servir de la langue vivante. De quoi ont-ils besoin ? Qu’est-ce qui fait que ces élèves qui ont fait 4 ans d’anglais ne parlent pas ?

J’ai pensé que les principes de la classe inversée seraient parfaits, et que j’allais les adapter à leurs besoins. Ce premier cours (et tous les autres) ayant très bien fonctionnés, voilà, je partage avec vous.

Comment ça marche ? Prenons la semaine dernière comme exemple.

J’ai une heure trente de cours en début de semaine. J’ai choisi de travailler différemment dans ce créneau. J’ai divisé la classe en plusieurs groupes, chaque groupe disposait d’un accès à la capsule vidéo que j’avais créée avec du vocabulaire pour prendre la parole sur le document, d’un extrait vidéo à raconter et de 30 minutes pour se préparer, avec accès à des dictionnaires, leurs cahiers etc. Les élèves ont travaillé dans le calme, se sont répartis les efforts, ont noté le vocabulaire et préparé des phrases. Ils sont ensuite venus prendre la parole, tout le monde devant faire au moins une phrase, avec comme consigne de parler, et de ne pas lire. Les autres groupes devaient écouter, rajouter à leur prise de parole les bonnes idées entendues dans le groupe d’avant et auxquelles eux n’avaient pas pensé. Puis, nous avons construit ensemble une trace écrite de cours. Nous sommes partis des phrases faites et entendues, nous avons corrigé ensemble les erreurs, j’ai rajouté du vocabulaire, on a explicité les points de phonétique difficiles, et nous voilà arrivés à la fin du cours…Le cours n’a pas été copié mais mis en ligne dans leur ENT (dans mon académie, tous les élèves reçoivent un ordinateur portable de la région), à charge aux élèves de récupérer le document (je peux aussi leur imprimer à leur demande). Je gagne du temps de cours pour faire de l’anglais (ceux qui veulent recopier le cours dans leur cahier peuvent le faire hors de mon cours). Cette méthode me plaît, aux élèves aussi, et je vais plus vite et de façon moins laborieuse.

La tâche pour le cours suivant était d’être capable de se servir de ce cours noté pour raconter l’extrait vidéo travaillé, soit en utilisant un par coeur maîtrisé et compris pour les plus fragiles, soit en partant de cette base pour les autres. Ils ont joué le jeu, et lors du cours suivant, des élèves, dont les élèves les moins confiants, ont levé la main pour être évalués. Ce n’était pas parfait, mais en net progrès.

Question: « Monsieur, je peux retravailler certains points et repasser lundi ? »

Comment dire non ?

Plusieurs conclusions:

  • ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort.
  • tester, expérimenter, faire autrement, partir de leurs besoins, ne pas voir les élèves comme on voudrait qu’ils soient, mais essayer de proposer des approches qui correspondent à leurs besoins.
  • expliquer ce que l’on fait, ce que l’on demande, pourquoi. Il y a des règles en classe, des attentes, des exigences, expliquer pourquoi. Pour eux. Une fois cela intégré, cela va mieux.

– ils ont tous un ordinateur portable fourni par la région. Cela coûte cher à la collectivité. Essayer de rendre cela cohérent en adoptant (même modestement) des approches qui poussent les élèves à utiliser l’outil. Ils ne demandent qu’à utiliser l’outil, à nous de les inciter à le faire…Ce n’est pas si compliqué…(et ça vaut le coup !)

J’adore…l’iPad en classe.


Mais tu fais quoi avec ton iPad en classe?
Ce billet de blog va tenter de répondre à ça. Je vais essayer d’être très pragmatique et concret.
Pour moi, l’iPad est un outil intéressant à avoir en classe, car il me permet de motiver les élèves à écrire, tout en faisant attention à ce qu’ils écrivent, orthographe etc. Je précise que j’ai commencé avec un iPad, puis 2 dont le mien, et je dispose actuellement de 3 iPads, plus serait mieux, mais déjà avec 3 on peut faire des choses très pertinentes. J’utilise aussi souvent mon téléphone personnel pour avoir internet, car le technicien ne pouvait (voulait?) pas créer une borne wifi.
Je précise que j’informe les parents en début d’année de ce que nous allons faire avec les TICE, comment, pourquoi, je donne les liens vers les différents comptes et que je travaille bien sûr en lien avec le Proviseur. Il y a aussi une charte d’utilisation des outils et des réseaux sociaux, je valide toujours ce qui va être publié.
Je travaille avec Instagram aussi, mais je vais aujourd’hui principalement vous parler de ce que je fais avec Twitter avec les ‘petits’, et comment j’utilise la tablette avec les plus grands.
Commençons par Twitter.
Nous avons un compte classe (dont je contrôle l’accès et le mot de passe), sur ce dernier, plusieurs usages.
Mes plus petits, cm2 et 6e publient par exemple une photo par jour de cours du ciel et font une phrase pour parler du temps qu’il fait, ils peuvent aussi répondre aux classes avec qui nous travaillons, dire comment ils vont. Je confie l’iPad à un ou deux élèves, ils prennent la photo du ciel, choisissent un filtre ou pas, un cadrage et écrivent. J’aime beaucoup cette activité rituelle faisant appel aussi à leur créativité artistique, on travaille vraiment ici le niveau A1 du cadre européen en expression écrite.
Sur Twitter, nous avons aussi joué avec d’autres classes à ‘qui est-ce’? Ma classe choisit un personnage parmi une liste, l’autre classe doit deviner lequel c’est en posant des yes-no questions. C’est au final un exercice très structurel pour pratiquer les structures avec have et le vocabulaire lié au visage. Mes élèves ont beaucoup aimé cette activité, et le vocabulaire et les phrases clé ont été très bien restituées par le groupe classe lors de l’évaluation.
Nous avons aussi joué avec le vocabulaire des objets de la classe, j’ai fait plusieurs groupes, ils prenaient des photos d’objets de la classe, demandaient ce que c’était et attendaient les réponses des autres écoles. Pour diverses raisons, je n’ai pu mener à terme cette activité, mais elle est très prometteuse. Tout ce qui permet d’utiliser l’iPad pour communiquer en anglais réellement permet vraiment de faire travailler le vocabulaire et de le fixer de façon efficace. Trouver une twittclasse de primaire avec qui travailler est vraiment simple, il y a plein de super collègues ultra dynamiques avec qui travailler. J’en profite pour saluer @menut3 et @lonnyj, entre autres, avec qui j’ai travaillé cette année en CM2 et qui sont de formidables collègues et font un excellent travail.
Une dernière activité: prendre une photo du bureau de l’élève avec des objets scolaires dessus, accompagner l’image d’un tweet décrivant l’image, y glisser volontairement un oubli, une erreur de couleur, de nombre, l’autre classe doit s’amuser à trouver l’oubli volontaire…
Pour travailler la compréhension écrite: les élèves rédigent un texte dans lequel ils décrivent un extra-terrestre. Les élèves de l’autre classe lisent, dessinent l’extra-terrestre et renvoient une photo de leur desssin. Et inversement.
Alors certes, tout ça serait plus simple avec plus d’iPad, mais bon, les élèves étaient déjà ravis de ces activités. Ils communiquent avec des classes françaises en anglais? Pas authentique? Certes non, mais la capacité au jeu des enfants est grande et ça leur a beaucoup plu.
Avec les plus grands:
Je divise la classe en 2 groupes. Un groupe dispose des 3 iPads et d’un document support sur lequel travailler (vidéo, texte, image…). Ils ont un temps limité pour prendre connaissance du document et être prêt à répondre aux questions de l’autre partie de classe qui pendant ce temps là prépare ses questions. J’aime beaucoup cette configuration, chaque groupe est sub divisé en 3, et il y a là un réel moyen de collaborer, tout le monde doit avoir parlé dans l’heure. Le temps de l’échange sur le document est aussi limité. A la fin de l’échange, le groupe qui n’avait pas le document doit prendre la parole et parler du document non connu, à la fin de cette prise de parole, le premier groupe apporte des précisions si besoin. Ace moment-là, je divise la classe en 3, chaque groupe dispose d’un iPad et rédige ce qui va rester du cours en essayant d’apporter le plus d’outils possibles. Je récupère cela, et hors classe, j’ajoute des mots outils, des apports, des remarques. Les élèves savent que le cours sera sur le réseau de l’établissement dans la journée et peuvent le récupérer, j’en imprime aussi. Pour ce type de cours, j’utilise VLC si c’est une vidéo, et j’aime beaucoup Pages ou Notability pour la rédaction. Sur ce dernier, ils peuvent aussi dessiner, rajouter des annotations, très utile.
Alors, certes cela peut se faire avec du papier. Oui, mais avoir les propositions de cours directement en numérique me permet de les fusionner très vite et de les annoter et compléter tout aussi facilement. Elles sont aussi facilement transférables vers tout type d’ENT. Si Notability est connecté au Wifi et à un compte Google ou Dropbox, il suffit de récupérer le cours avec ma tablette à la maison sans avoir besoin d’emporter les tablettes de l’établissement. Je n’avais jusqu’à présent pas accès à Internet en classe avec les tablettes et j’utilisais le lien avec mon iPhone…
Je pense que mon rôle en tant qu’enseignant d’élèves en difficulté ayant peu souvent accès à ce genre d’outils est de leur apprendre à s’en servir de façon responsable et naturelle, je m’y emploie. De plus, je joue un rôle alors dans la validation des items du b2i. Les élèves apprécient et ont envie de faire de l’anglais. Que demander de plus?
Voilà, j’espère que ça vous donne idées et envie…
A lire: l’excellent livre de Ghislain Dominé, Utiliser les Tice en classe pour avoir plein d’idées et se lancer simplement. Passez voir aussi la rubrique du blog sur les sites à visiter dont ceux de @nicoguitare ou @edouardvince .
Je suis preneur de vous retours, idées, questions etc !

J’adore tout remettre à plat (1)


Longtemps, j’ai été professeur de façon « classique ».

Rien de mal au classique, hein. Comme beaucoup, je préparais mes cours avec sérieux, en cherchant, travaillant. Je faisais cours. Les élèves, enfin, une partie, participaient et suivaient. Une partie. Plus ou moins importante. Pendant 2 ou 3 mois chaque année, je m’efforçais de faire venir à moi ceux qui ne « travaillaient pas », ne participaient pas, ne s’impliquaient pas, ne faisaient pas leurs devoirs.

Je mettais des mots dans les carnets, je prévenais les familles, je dialoguais, je me fâchais, j’essayais toute la palette possible. Et puis, au bout d’un temps plus ou moins long, avec plus ou moins de facilité et de paix d’esprit, je décidais d’avancer, et progressivement, cette partie de la classe n’en faisait plus partie. Avec plus ou moins d’agressivité à mon égard. Cela se passait globalement pas trop mal avec eux, cela me surprend encore.

Mais bon, je le vivais de moins en moins bien. Etais-je devenu enseignant pour me résoudre à faire cours à une partie de la classe seulement, celle-ci, suivant la classe, était ou non la majorité? Non, bien sûr, mais que faire? Comment?

Je faisais cours comme on m’avait appris, avec application. Je faisais des efforts pour faire des cours attractifs, en faisant participer les élèves, en essayant d’avoir de l’interaction entre les élèves… Je pensais que ça suffisait. Je voyais de plus en plus que non. Mais, je ne trouvais pas ce qui pouvait manquer.

Un jour, il m’a été glissé l’idée que nous, les professeurs, devrions aussi nous impliquer dans l’assimilation des connaissances, pas uniquement dans leur transmission, et que ‘faire cours’ c’était aussi s’assurer que les choses ‘passaient’ chez l’élève, quitte à l’aider à « assimiler’.

Quoi, quoi, quoi ?

Déjà pour moi, grand geek fan de Star Trek, l’assimilation c’était les Borg…Mais bon, ça ne pouvait pas être ça… 😉

Ouais, non mais n’importe quoi… Et puis quoi encore…?

Forcément, j’ai résisté à l’idée. Comme toute bonne idée, elle me déstabilisait trop.

Le mot « assimiler » ne me plaît toujours pas mais…il y avait là une idée qui me plaisait et à explorer.

Depuis 3 ans, pour tout un tas de diverses raison, mais en partie car je vivais de plus en plus mal de laisser cette partie de la classe en marge et aussi au contact de collègues rencontrés sur Twitter, je m’y suis mis.

J’ai progressivement « tout remis à plat ». Pour être franc, je suis plutôt en plein milieu du chantier. Stressant, déstabilisant, mais passionnant.

A demain, pour la suite !