J’adore…Ludovia.


Un reportage vidéo très sympa de Ludovia. Merci.❤️

Ici

J’adore…Padlet.


Jusqu’à présent je vous ai beaucoup parlé des raisons qui me faisaient aimer mon métier, mais pas trop de ce que je faisais, donc me voici de retour après des mois, une éternité sur internet, une éternité qui m’a fait me demander si je devais continuer ce blog ou pas, et puis voilà, moi je l’aime bien mon blog aléatoire qui existe quand il a le temps. Donc, de retour pour plusieurs billets pour vous parler des outils que j’utilise et comment. Aujourd’hui : Padlet.

Tout d’abord merci à l’excellent @remi_masse (suivez son compte !) qui me l’a fait découvrir.

Alors, c’est quoi ? Padlet, c’est comme un bon vieux paperboard, mais sur internet. Vous me direz – on me l’a déjà dit – pourquoi pas la feuille de papier alors ? Oui, ou les signaux de fumée… ou les papyrus…

Plus sérieusement : pour plein de diverses raisons. Déjà, cette « feuille », « page » est accessible de n’importe où pourvu que l’on ait internet, et on peut aussi en paramétrer l’accès en installant un mot de passe (et hop, un espace privé, juste pour vous et vos élèves), personnaliser l’adresse web (ça c’est assez génial, et je passe pour un prof super cool), et on peut aussi décider de ne pas avoir un fond blanc mais y mettre tout type de fond. Bon, d’accord, c’est juste esthétique, mais on arrive à quelque chose d’assez beau au final.

Tout contenu déposé peut aussi être partagé sur les réseaux sociaux, mail etc. Si la page est protégée par un mot de passe, on ne peut accéder à ce qui a été partagé qu’avec le mot de passe. Moi je ne m’en sers pas, les élèves non plus. Je demande aussi toujours aux élèves d’intervenir de façon anonyme. Voilà pour le côté « parano / sécurité », qui n’est pas inutile, il est vrai. Il y a aussi une version payante avec plus de fonctions, mais je n’en ai pas encore trouvé l’intérêt.

Et alors, ça fait quoi ? On écrit sur une page ? La belle affaire ! Sauf que non. On peut y déposer PDF, lien web, vidéos (sous une certaine limite), photos etc. Et le tout très simplement. Glisser / déposer. Je mentionne la simplicité car quand on voit les vrais enfers que sont certains ENT sur ce domaine on se dit que…(auto-censure)

Ah ! Vous voyez que ça commence à vous intéresser. Plus je me sers de l’outil, plus j’en vois la pertinence. Ce qui est très intéressant, c’est que l’on peut aussi paramétrer l’outil pour que telle page créée soit juste consultable, que les élèves puissent participer, voir tout éditer.

Je fais quoi avec ?

Je crée une page par séquence et j’y dépose tout ce qui a été fait, PDF, photos du tableau, copie écran du TNI, lien vers une vidéo, fiche de grammaire, de vocabulaire etc. en mode consultation. Quel intérêt ? Déjà, les élèves, mais aussi les parents qui veulent suivre (il y en a, si si !), trouvent tous les documents qui ont été utilisés dans la séquence. A quoi ça sert ? Déjà, plus de  : «  Mais moi j’étais pas làààààà quand vous l’avez fait ! » et les élèves apprécient de pouvoir retrouver le cours en cas de « perte » du cahier. Au final, on a un joli mini site web sur la séquence. On peut aussi imaginer y déposer les plus jolies productions finales, en accord bien sûr avec les parents, et / ou anonymées.

On peut aussi se servir de Padlet pour travailler certains points spécifiquement. Dans une séquence nous avions travaillé avec mes élèves sur la dérivation par suffixe comment par exemple « fear » devient un autre mot avec -less accroché à la fin. J’avoue, ce n’est pas ce qui est le plus passionnant dans ma vie de professeur. Pour la tâche finale, les élèves avaient besoin d’utiliser beaucoup de ces mots. J’ai créé une page Padlet et demandé aux élèves de déposer leurs mots en indiquant uniquement leur prénom (je leur demande de ne jamais laisser d’information personnelle, même si la page est privée). Ils devaient faire ce travail hors du cours. Cela donne alors comme un bout de papier déposé sur la page pour chaque élève. J’ai donc eu toute une page avec énormément de mots trouvés, les élèves ont été plutôt amusés par l’activité et ont mine de rien travaillé leur lexique. Cette page peut par la suite s’imprimer, et après éventuelle correction, on obtient une très chouette fiche de vocabulaire. Ce qui me plaît aussi, ce que l’on a basculé là en mode collaboratif : les élèves ont travaillé ensemble à la tâche finale de chacun.

Je me sers aussi de Padlet pour travailler la compréhension de l’oral. Merci @AddyCassin pour l’idée, partie de son travail en compréhension de l’écrit. Je mets sur une page Padlet un lien vers un fichier son, et je demande aux élèves d’écouter, de noter les mots clés (chacun dépose ce qu’il a compris, de même façon qu’expliqué plus haut avec le vocabulaire), puis par groupe je leur demande de commencer à produire un résumé. Je donne un temps limite, chacun fait ce qu’il peut et travaille à son rythme, mais chacun à droit à son rythme, et a quelque chose à apporter. Cela implique d’aller en salle informatique, mais on aboutit à un travail très intéressant. Cela peut éventuellement se faire hors du cours par la suite, le cours servant alors à la mise en commun que je peux anticiper en allant voir ce qui a été déposé sur le padlet. Le même principe s’applique pour la compréhension de l’écrit, on dépose un texte, et les consignes etc.

A noter que le professeur peut avoir un rôle de modérateur et il doit alors valider tous les écrits des élèves. Prudent, c’est ce que j’avais fait lors de mon premier Padlet en seconde. Dans la journée, les élèves sont venus me voir : « Mais Monsieur, on écrit, mais y’a rien ». J’ai alors expliqué que je devais valider les messages. Les élèves m’ont alors rétorqué, choqués : « Mais Monsieur, quand même, vous nous faites pas confiance ?! » Et après tout, pourquoi ne leur feras-je pas confiance, me suis-je alors dit ? Je n’ai jamais eu depuis de problème. Après, à vous de voir.

Voici un lien vers un Padlet: ici  vous pouvez aller jeter un oeil, laisser respectueusement un message.

Alors voilà, on peut faire sans, mais cela apporte vraiment un réel plus. Je pense qu’il y a là matière à un travail plus individualisé et plus approfondi, et à l’heure où on nous demande de faire du numérique mais avec tous les freins possibles et imaginables, comme si on nous faisait pas confiance, comme diraient mes lycéens, voilà une partie de ce que je fais et qui est accessible à tous assez simplement.

J’adore… le vendredi.


Un vendredi matin. Mes internes ont une demi-heure avant pour faire le point sur la journée, se mettre en condition de travail. Des stagiaires M1 en fond de salle. Je fais entrer les élèves, on se salue, je souris (toujours quand ils rentrent), j’ai installé un kiosque presse / journaux en français et en anglais, livres, BD en anglais, quelques biscuits, ils rentrent, il y a de la musique anglaise en bruit de fond. Chacun est libre d’organiser sa demi-heure comme il le souhaite dans ce cadre-là : relire les cahiers des cours du jour, lire quelque chose, réviser, venir repasser une évaluation, me demander des conseils. 3 élèves me demandent à être interrogés à l’oral sur la leçon (si, je vous jure) parce que « on est les seuls de la classe à ne pas être passés ». Tout va bien, des erreurs, mais que de progrès… Des sourires. Des efforts. « Monsieur, moi je voudrais repasser pour m’améliorer sur l’accent comme vous m’avez dit, j’ai travaillé. » Ok, on y va. Les autres lisent tranquillement, révisent, certains papotent doucement, mais bon, chut. C’est notre demi-heure, on s’échauffe pour la journée. On est bien. Oh, il reste un biscuit un chocolat…

 

Le même vendredi, les mêmes élèves, le même professeur, l’heure de cours qui suit la demi-heure. Les élèves ont aujourd’hui une heure de travail personnel. Chacun fait son menu. J’ai inscrit les choses à faire, à finir au tableau. Certains vont sur l’ENT pour imprimer des documents mis à leur disposition, d’autres écoutent les capsules réalisées sur le preterit par des élèves de la classe, d’autre écoutent le cours enregistré à l’oral, certains finissent le compte-rendu du document étudié hier, certains finissent des choses en retard. Certains sont assis et révisent pour l’évaluation de lundi, certains viennent me rendre des devoirs sur clé USB fait sur l’ordinateur fourni par la région (qui donc leur sert). Tous jouent le jeu, demandent des conseils, travaillent. Un bruit de fond raisonnable. 2 élèves sont en retrait, mais ne perturbent pas…Beaucoup de conseils à donner, de choses à expliquer, d’erreurs à corriger, d’efforts remarqués. Beaucoup d’envie de bien faire.

 

Un vendredi matin, fin de cours. Une lycéenne vient me voir pour me parler.

– « Monsieur, voilà, je voulais vous dire merci, j’ai beaucoup progressé en anglais ce trimestre, et c’est grâce à vous. »

– « Si tu as progressé c’ets surtout grâve à toi, à ton travail. »

– « C’est vrai, d’accord, mais c’est aussi grâce à vous, donc voilà. Bon week-end Monsieur. »

Je reste tout chose, touché par tant de gentillesse (oui, je suis un gros nounours émotif).

 

Vendredi, dernière heure de cours du matin, 11h30 et 12h30. Les élèves se rangent, je dois hausser le ton pour certains, je parle à 2 élèves en aparté avec qui j’ai eu un différent la veille à qui je dis que nous repartons sur de nouvelles bases, on me grommelle ‘mwoui’ (l’ado est rancunier). Une élève en grande difficulté m’annonce qu’elle sait ‘trop bien’ son cours, toute souriante. Bon. Tout le monde rentre, du bruit, de l’agitation, j’interviens, je recadre, j’explique. J’interroge sur ce qui était à apprendre. Une moitié de classe lève la main pour être interrogée et ronchonne quand j’interroge un autre. Je finis par interroger un tiers du groupe. Que des points verts (évaluation réussie). Des sourires. On travaille, je contiens l’oral désordonné, dans tous les sens, sans lever la main, mais on produit un très beau cours. Je donne les devoirs, je dois un peu me battre, je suis interrompu par des questions. Cela m’énerve, et je me rends compte que toutes sont sur le travail à faire. C’est fouillis, c’est touffu, mais finalement n’ai-je pas à être fier de ces élèves qui veulent savoir, comprendre, bien faire ? Fin de cours. Ils partent, me disent (presque) tous « Au revoir, Monsieur », certains me souhaitent un bon week-end. Certains restent. « Monsieur, comme vous n’avez pas pu m’interroger tout à l’heure, je peux être interrogé là ? » Allez, on y va !

 

Un vendredi, Milieu d’après-midi. Je rentre chez moi en sortant vers le parking en passant le long de la cour. Une élève crie mon nom en courant vers moi « Monsieeuuuuur, Monssssieeeuuuur ». Mi-amusé, mi-inquiet, je la regarde et marche vers elle, me demandant ce qui se passe de si grave.

« Voilà, je voulais vous demander, avant que vous ne partiez chez vous, pour le devoir à vous rendre lundi est-ce que si je fais ci ou ça, ça va, on en a discuté tout à l’heure avec la prof de français vu que c’est sur la dérivation par suffixe comme en français… » (mazette !)

Je souris (parce que quand même c’est touchant…), j’explique, et je dis que ceux qui veulent peuvent m’envoyer les brouillons sur notre ENT et je regarderai, guiderai…

« Oh super, merci, bon week-end ».

Je ne sais pas pour le week-end, mais le vendredi, déjà, il est franchement sympa.

Il y a des jours comme ça qui me rappellent pourquoi j’adore mon job.