J’adore …Twitter et les sorcières.


Je vous ai déjà dit à quel point j’aimais Twitter, non ? Je ne remercierai jamais assez Amandine Terrier et Bertrand Formet de m’avoir donné envie de me lancer.

Cette semaine a encore été l’illustration de l’intérêt de Twitter quand on est enseignant.

Il y a quelques semaines, Stéphanie DeVanssay (merci !) nous parlait du travail génial d’Alexandre Acou avec ses élèves. Il avait étudié en classe un poème de Jean Tardieu,  » Conseils donnés par une sorcière  » et à partir de là demandé à ses élèves d’écrire des conseils de sorcière sous forme de tweets.

Le résultat, que l’on peut voir là : http://tinyurl.com/ca6rzr2

est tout simplement adorable. Et surtout d’une grande pertinence pédagogique. L’impératif, la ponctuation etc.

Cela m’a donné envie de me lancer. Je lui ai fait part via Twitter de mon intérêt pour son travail et du fait que je pourrais faire la même chose en anglais avec mes 4e. Tout de suite, Alexandre a été emballé et a eu envie que nos deux classes se rencontrent virtuellement autour de cette idée. C’est ça qui est génial avec Twitter. On peut y rencontrer des gens enthousiastes qui ont des idées qui vous emballent et hop, très simplement, se mettre à travailler avec eux.

La semaine dernière, j’ai commencé ce travail avec mes élèves. Mes 4e ne sont pas toujours enthousiastes face au travail scolaire (un euphémisme…), ce coup-ci n’a pas dérogé à la règle. Toutefois, une fois bien lancés, ils se sont pris au jeu, et j’ai été très positivement surpris par leur créativité.

Vous pouvez lire une partie de tous ces tweets sur le Storify fait par Stéphanie (re-merci!) . (là : http://tinyurl.com/bug5tya)

Pour moi, l’intérêt était grand. J’aime beaucoup l’écriture créative, l’idée aussi que mes élèves écrivent pour être lus, et j’aime bien l’idée de les connecter avec des primaires. Je n’ai pas parlé de grammaire etc. mais il va sans dire que moi aussi j’ai travaillé l’impératif en anglais, l’usage du dictionnaire, l’usage raisonné du traducteur automatique, le respect d’une consigne simple donnée en anglais, l’orthographe, le tout de façon me semble-t-il efficace tout en restant légère. D’autres tweets doivent arriver, je les attends avec impatience.

Certes, l’anglais n’est pas parfait, il y a des erreurs, des oublis, mais globalement ils sont compris et je suis dans les objectifs qui me sont assignés, écrire de façon assez claire pour être compris, et il est normal à leur niveau que des erreurs subsistent. Je les ai volontairement laissées pour montrer à mes élèves que l’erreur fait partie prenante du travail, et qu’il ne faut pas en avoir peur (parfois au point de ne plus oser rien faire en anglais pour certains). Nous travaillerons plus tard sur ces erreurs, nous verrons qu’elles relèvent souvent d’un manque de concentration, de relecture et tâcherons de trouver des moyens de les éviter.

Les élèves d’Alexandre ont d’ailleurs commencé eux aussi à écrire en anglais et j’espère que cela donnera envie à mes élèves d’interagir avec eux. Mes élèves, en difficulté scolaire, donnant des conseils à d’autres élèves sur l’usage de l’anglais ? Le bonheur, non ?

Je suis impatient de retourner en classe et de voir ce que cela va donner.

Voilà donc, j’aime Twitter, et j’adore les ( conseils de ) sorcières !

J’adore … l’écrit lu.


L’activité d’expression écrite est l’activité que je gère le plus mal. En gros, les élèves écrivent juste pour me faire plaisir et ils m’écrivent à moi, juste pour que je les évalue. Bon, là je suis un peu sévère, mais ma préoccupation pour les activités d’expression consiste à contourner ça, et à ce que l’écrit soit lu, écrire pour quelque chose, ou plutôt pour quelqu’un.
Voici un petit compte-rendu de quelque chose que j’ai récemment testé. Il y a une quinzaine de jours, j’ai emmené un groupe d’élèves pour une sortie en ville. Nous avons pris des photos, photos mises sur l’iPad que m’a acheté l’établissement pour que j’expérimente avec, en particulier autour de Twitter (oui, je sais, j’ai de la chance). C’est à peu près le moment où son fabriquant a sorti une version tablette de son logiciel de retouche de photo. Là dessus, quelque chose m’a beaucoup intéressé. Une fonction permettant de faire un journal que l’on peut ensuite partager. En gros, on arrange les photos comme on veut, et à l’intérieur on glisse ce que l’on veut : carte, bulletin météo et espace pour écrire des notes.
Voilà ce qui moi m’intéresse puisque en 6e / 5e on me demande de travailler autour d’un niveau nommé A2 qui pour l’écrit est le suivant : «être capable d’écrire des énoncés simples et brefs». On précise même dans nos programmes «messages électroniques» et que «la langue est un instrument qui intervient dans la réalisation de tâches sociales»
et que «cette approche est qualifiée   » d’actionnelle  » dans la mesure ou la langue vivante est reliée à l’action».
J’ai donc pensé qu’il y avait là aussi un bon moyen pour relier ce que nous faisions au sein de l’établissement aux parents afin qu’ils se sentent inclus dans ce qui se passe dans l’école. Cela me semble important puisque nos élèves sont internes et ne rentrent pas tous les soirs pour raconter la journée, même s’ils le font par téléphone.
Donc, jeudi et vendredi dernier, j’ai préparé l’album et ai demandé aux élèves en question de préparer les légendes des images. Il fallait les préparer au brouillon, vérifier avec moi que cela allait puis ensuite les élèves pouvaient taper leurs messages. Chercher des mots dans le dictionnaire (qui quand même en rebute plus d’un chez mes élèves) n’a pas posé de problème, ni même l’idée de faire un brouillon avant.

Succès immédiat, grande motivation et façon très stimulante de faire de l’écrit et des productions très sympas, simples mais avec du réinvestissement spontané de choses vues avant (des phrases exclamatives par exemple pour parler de la sortie…).
Nous donnerons aux élèves une copie du produit final (qui en gros ressemble à une assez belle page web imprimable) et cela fera un souvenir de la sortie aux élèves, mais aussi un joli document pour les parents. Nous pourrons aussi afficher cela quelque part (panneau d’affichage, dans la classe…), l’envoyer aux écoles avec qui nous travaillons de l’autre côté de l’Atlantique et leur dire qu’il y a des choses à lire.
L’iPad est ici un moyen, pas une fin en soi, ça marcherait très bien aussi avec un compte-rendu sous forme de Powerpoint ou autre, mais puisque que j’ai l’iPad, autant s’en servir…Et il faut reconnaitre que l’objet est assez magique à leurs yeux. Puisque son usage est appelé à se répandre, pourquoi ne pas l’intégrer comme l’une des façons d’écrire en anglais, sans que cela ne rentre en concurrence avec les autres ?
Lors de la prochaine sortie, on emmènera l’iPad et on live-tweetera la sortie par exemple…si les correspondants sont en ligne en même temps, ça sera parfait…On verra. On se rapproche d’un écrit « naturel », spontané (quand vous sortez, vous aussi vous tweetez, non ?), et ça me plaît.
Voilà, je cherche, je tâtonne, cela n’est pas toujours confortable mais jamais je ne m’ennuie.

J’adore… les vacances productives


J’adore mon job, certes, mais bon faut pas pousser mémé (ou pépé, ou jeune cousin/e, ne soyons pas sectaire) dans les orties de la pédagogie innovante, j’adore aussi les vacances.

Toutefois, comme je suis un grand spécialiste des vacances gâchées par un rhume-persistant-tendance-tête-archi-pleine-j’arrive-plus-à-respirer-je-ne-dors-plus-la-nuit-donc-je-suis-d’une-humeur-exécrable et je ne profite ni des mes amis, ni de ma famille, ni des superbes paysages bretons / bourguignons / auvergnats etc., ou des week-end anéantis par un mal de dos carabiné avec giga envie de vomir pendant des heures donc retour express en TGV pour me soigner etc., j’en suis donc arrivé à la conclusion que:

– je suis un excellent fonctionnaire qui fait son possible pour tomber malade pendant les vacances (même si je n’y arrive pas toujours) 😉

– je suis finalement fait pour bosser, même pendant les vacances. 🙂

J’ai donc appris à ne pas culpabiliser quand je pense au boulot pendant mes congés.

Je vous arrête tout de suite, ami lecteur (on part du principe qu’on se vouvoie, non?), je ne suis pas un grand névrosé de la pédagogie mais quitte à être mal foutu et ne pas pouvoir profiter de mes vacances, une fois que je me remets, je me dis qu’autant que ces vacances aient servi, et que j’aie fait quelque chose de productif pour le boulot…

Donc là, puisque je commence à me remettre, je pense à mes prochains chantiers des mois à venir…

Dyslexie, tu es donc prévenue que j’en ai assez que mes élèves dyslexiques ne s’épanouissent pas dans ma matière et je vais donc m’attacher à progresser en tant qu’enseignant là dessus. Cela vaut d’ailleurs pour la dyspraxie, dysorthographie etc.

Interdisciplinarité, tu m’intéresses, pas que avec les maths… sache le.

Partenaire Twitter potentiel pour travail inter-classe, je suis là!

Expression écrite et compréhension de l’écrit en anglais, sachez que vous serez au centre de mon travail au primaire et en collège lors des prochains 6 mois.

Et enfin, EIP décelés ou pas, je vais concevoir mes séquences en vous prenant mieux en compte…

Il va donc sans dire que, canapé moelleux, je vais rester loin de toi le plus possible pour être productif. Non, n’insiste pas. Y’a pas de coussins accueillants qui tiennent.

Est-ce que je ferai tout ça au final? Sûrement pas…. mais bon, j’aurais une ligne directrice, les vacances servent aussi à ça…

J’adore les vacances, vous dis-je, mais bon vivement la reprise qu’on puisse (re)travailler! Non?