J’adore…l’effet miroir.


Les élèves parlent anglais (enfin parfois).

Enfin, ils parlent… Ils s’expriment dans un anglais le plus français possible.

Pourquoi? Plus facile, moins compliqué, toujours un peu gênant devant les autres aussi de se la jouer avec le super accent.

Et puis surtout, en gros, en classe, les élèves ils parlent anglais à qui? A des français qui les comprendront avec leur méga accent français (puisqu’ils adoptent le même). Ou à moi, qui de toute façon, ils le savent, fera l’effort de les comprendre.

Alors, il n’y a rien à faire?

Seuls les sympas ultra scolaires qui veulent faire plaisir au professeur feront des tentatives pour parler comme la reine Elisabeth ? (Quoi, j’ai des méga ambitions pour eux et je place la barre haute ? Vous trouvez ? )

Donc, rien à faire ?

C’est sans compter sans l’esprit créatif sans limite du prof.

J’ai la chance d’être en contact depuis quelques années avec 2 classes. Une au Danemark, une aux USA. Là-bas, les élèves du même âge apprennent le français. On se voit environ une fois par mois en visio-conférence (visio, c’est un ordi, une webcam et Skype, en gros hein…), et les élèves se posent des questions, apprennent à découvrir l’autre pays, simplement, avec leur niveau de langue.

Et là, ils font quoi mes canaris ? Ils parlent à la French. Et vas-y que je te fais des ‘r’ bien français, je ne prononce pas les ‘h’ etc…

Hé, hé, sauf qu’en face, on ne comprend pas ! Et là, le ‘r’, le ‘h’, l’accent tonique, il est bien obligé de revenir… D’ailleurs, quand il revient, mes élèves se font comprendre.

Mais là, à ce moment-là, il y a aussi l’effet miroir.

Mes élèves entendent des élèves de leur âge parler français comme une langue étrangère. Les petits américains, j’en suis sûr, font comme les petits français. Ils parlent le moins possible ‘à la française’. Et mes élèves aussi font répéter.

‘Mais, Monsieur, on comprend pas quand ils parlent français…’

Et voilà. Là, triomphant, mais tout en modestie, il ne me reste plus qu’à dire:

‘Vous voyez bien que mettre l’accent, c’est important…’

Hé, hé… 😉