J’adore… mes élèves producteurs de contenus numériques.


En ce lundi 10 novembre, je n’avais que 8 élèves présents en classe. La question lancinante était « Qu’est-ce qu’on va faire, Monsieur ? ». (Ben travailler, cette blague ! Non, mais oh…)

J’ai décidé de profiter de cet effectif très réduit pour tester mon idée de rendre les élèves producteurs de capsules.

Nous venons de réutiliser le preterit simple pour aborder un document et ils vont en avoir besoin pour leur tâche finale (ce qui sert à évaluer les élèves à la fin du travail), et du coup, plutôt que de faire un dixième rappel grammatical, j’ai décidé de les rendre actifs. Le preterit simple ils l’ont vu en 6e, 5e, 4e, 3e et ce n’est pas un énième rappel qui le leur fera plus comprendre et maîtriser visiblement.

Le défi était donc de produire une capsule, par groupe de 3, en utilisant un iPad et Voice d’Adobe. D’emblée, les élèves ont compris comment ça marchait assez facilement. L’expérience s’avère être passionnante. Les élèves ont compris qu’il fallait organiser leurs idées après les avoir rassemblées, les hiérarchiser, donner une information par ‘diapo’, être concis, bref et clair. Les groupes ont travaillé aussi sur quoi garder, quoi ne pas garder, comment mettre en forme chaque mini diapo de 10 secondes, comment poser sa voix, comment être compris en posant sa voix (puisque la capsule sera destinée aux élèves absents et aux élèves de 4e). Les trios ou paires ont dû négocier le contenu, quelle icône choisir pour illustrer, juste du texte ? Du texte plus une icône ?

Je n’ai pas réussi à tenir le délai (tout finir en 1h30), mais j’ai récupéré les iPads, je vais proposer des améliorations, souligner les points positifs, et leur laisser une demi-heure pour finir jeudi. D’ici là, je vais aussi proposer les capsules via l’ENT, demander ce qui manque selon les autres, élèves, ce qui est bien, ce qui peut- être amélioré. Ce qui est très intéressant, c’est de voir comment ils organisent les choses complètement différemment de moi, du coup, j’ai aussi pas mal d’idées pour mes prochaines capsules…

Mais, me direz-vous, ils n’ont pas fait d’anglais… Ils n’ont pas parlé anglais… Déjà, si, la grammaire c’est aussi de l’anglais… Et ensuite, non, ils n’ont pas parlé en anglais, mais ils ont énormément réfléchi sur le métalangage (ce qui mine de rien n’est pas mal en seconde), sur comment expliquer les choses, et je suis persuadé que ces élèves producteurs de contenu– outre la fierté de voir leur production finale utilisée et utile – se souviennent bien mieux de la façon dont fonctionne le preterit simple que si j’avais fait une heure là-dessus via une fiche et des exercices…

J’adore…l’iPad en classe.


Mais tu fais quoi avec ton iPad en classe?
Ce billet de blog va tenter de répondre à ça. Je vais essayer d’être très pragmatique et concret.
Pour moi, l’iPad est un outil intéressant à avoir en classe, car il me permet de motiver les élèves à écrire, tout en faisant attention à ce qu’ils écrivent, orthographe etc. Je précise que j’ai commencé avec un iPad, puis 2 dont le mien, et je dispose actuellement de 3 iPads, plus serait mieux, mais déjà avec 3 on peut faire des choses très pertinentes. J’utilise aussi souvent mon téléphone personnel pour avoir internet, car le technicien ne pouvait (voulait?) pas créer une borne wifi.
Je précise que j’informe les parents en début d’année de ce que nous allons faire avec les TICE, comment, pourquoi, je donne les liens vers les différents comptes et que je travaille bien sûr en lien avec le Proviseur. Il y a aussi une charte d’utilisation des outils et des réseaux sociaux, je valide toujours ce qui va être publié.
Je travaille avec Instagram aussi, mais je vais aujourd’hui principalement vous parler de ce que je fais avec Twitter avec les ‘petits’, et comment j’utilise la tablette avec les plus grands.
Commençons par Twitter.
Nous avons un compte classe (dont je contrôle l’accès et le mot de passe), sur ce dernier, plusieurs usages.
Mes plus petits, cm2 et 6e publient par exemple une photo par jour de cours du ciel et font une phrase pour parler du temps qu’il fait, ils peuvent aussi répondre aux classes avec qui nous travaillons, dire comment ils vont. Je confie l’iPad à un ou deux élèves, ils prennent la photo du ciel, choisissent un filtre ou pas, un cadrage et écrivent. J’aime beaucoup cette activité rituelle faisant appel aussi à leur créativité artistique, on travaille vraiment ici le niveau A1 du cadre européen en expression écrite.
Sur Twitter, nous avons aussi joué avec d’autres classes à ‘qui est-ce’? Ma classe choisit un personnage parmi une liste, l’autre classe doit deviner lequel c’est en posant des yes-no questions. C’est au final un exercice très structurel pour pratiquer les structures avec have et le vocabulaire lié au visage. Mes élèves ont beaucoup aimé cette activité, et le vocabulaire et les phrases clé ont été très bien restituées par le groupe classe lors de l’évaluation.
Nous avons aussi joué avec le vocabulaire des objets de la classe, j’ai fait plusieurs groupes, ils prenaient des photos d’objets de la classe, demandaient ce que c’était et attendaient les réponses des autres écoles. Pour diverses raisons, je n’ai pu mener à terme cette activité, mais elle est très prometteuse. Tout ce qui permet d’utiliser l’iPad pour communiquer en anglais réellement permet vraiment de faire travailler le vocabulaire et de le fixer de façon efficace. Trouver une twittclasse de primaire avec qui travailler est vraiment simple, il y a plein de super collègues ultra dynamiques avec qui travailler. J’en profite pour saluer @menut3 et @lonnyj, entre autres, avec qui j’ai travaillé cette année en CM2 et qui sont de formidables collègues et font un excellent travail.
Une dernière activité: prendre une photo du bureau de l’élève avec des objets scolaires dessus, accompagner l’image d’un tweet décrivant l’image, y glisser volontairement un oubli, une erreur de couleur, de nombre, l’autre classe doit s’amuser à trouver l’oubli volontaire…
Pour travailler la compréhension écrite: les élèves rédigent un texte dans lequel ils décrivent un extra-terrestre. Les élèves de l’autre classe lisent, dessinent l’extra-terrestre et renvoient une photo de leur desssin. Et inversement.
Alors certes, tout ça serait plus simple avec plus d’iPad, mais bon, les élèves étaient déjà ravis de ces activités. Ils communiquent avec des classes françaises en anglais? Pas authentique? Certes non, mais la capacité au jeu des enfants est grande et ça leur a beaucoup plu.
Avec les plus grands:
Je divise la classe en 2 groupes. Un groupe dispose des 3 iPads et d’un document support sur lequel travailler (vidéo, texte, image…). Ils ont un temps limité pour prendre connaissance du document et être prêt à répondre aux questions de l’autre partie de classe qui pendant ce temps là prépare ses questions. J’aime beaucoup cette configuration, chaque groupe est sub divisé en 3, et il y a là un réel moyen de collaborer, tout le monde doit avoir parlé dans l’heure. Le temps de l’échange sur le document est aussi limité. A la fin de l’échange, le groupe qui n’avait pas le document doit prendre la parole et parler du document non connu, à la fin de cette prise de parole, le premier groupe apporte des précisions si besoin. Ace moment-là, je divise la classe en 3, chaque groupe dispose d’un iPad et rédige ce qui va rester du cours en essayant d’apporter le plus d’outils possibles. Je récupère cela, et hors classe, j’ajoute des mots outils, des apports, des remarques. Les élèves savent que le cours sera sur le réseau de l’établissement dans la journée et peuvent le récupérer, j’en imprime aussi. Pour ce type de cours, j’utilise VLC si c’est une vidéo, et j’aime beaucoup Pages ou Notability pour la rédaction. Sur ce dernier, ils peuvent aussi dessiner, rajouter des annotations, très utile.
Alors, certes cela peut se faire avec du papier. Oui, mais avoir les propositions de cours directement en numérique me permet de les fusionner très vite et de les annoter et compléter tout aussi facilement. Elles sont aussi facilement transférables vers tout type d’ENT. Si Notability est connecté au Wifi et à un compte Google ou Dropbox, il suffit de récupérer le cours avec ma tablette à la maison sans avoir besoin d’emporter les tablettes de l’établissement. Je n’avais jusqu’à présent pas accès à Internet en classe avec les tablettes et j’utilisais le lien avec mon iPhone…
Je pense que mon rôle en tant qu’enseignant d’élèves en difficulté ayant peu souvent accès à ce genre d’outils est de leur apprendre à s’en servir de façon responsable et naturelle, je m’y emploie. De plus, je joue un rôle alors dans la validation des items du b2i. Les élèves apprécient et ont envie de faire de l’anglais. Que demander de plus?
Voilà, j’espère que ça vous donne idées et envie…
A lire: l’excellent livre de Ghislain Dominé, Utiliser les Tice en classe pour avoir plein d’idées et se lancer simplement. Passez voir aussi la rubrique du blog sur les sites à visiter dont ceux de @nicoguitare ou @edouardvince .
Je suis preneur de vous retours, idées, questions etc !

J’adore… le petit carnet.


Dans un internat, mais c’est vrai au final pour toute école, collège et lycée, un des défis est de réussir à créer du lien avec les parents. Ils mettent leurs enfants en internat, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne veulent plus s’en occuper ou ne rien savoir de ce qui se passe, au contraire. Il y a une forte demande de nombreux parents de savoir ce qui est fait. Et c’est bien normal.

A la mi-juin, j’ai accompagné ma collègue professeur des écoles (au passage, je recommande à tous les professeurs du secondaire de travailler avec leurs collègues du primaire, j’ai énormément appris, mais j’en reparlerais une autre fois) pour son voyage à Paris, voyage qui venait clôturer le projet de la classe autour de Paris. J’ai proposé d’ouvrir un blog du voyage et de donner le lien aux parents, pour qu’ils puissent suivre ce qui se passe et se sentir impliqués. Tous n’ont peur-être pas d’ordinateur ou internet, mais c’est un début.

Equipé de mon iPhone et de l’iPad, j’ai progressivement mis des photos en ligne et fait écrire les élèves. Comment? J’ai acheté un carnet (moi, j’adore la rentrée et acheter des fournitures, donc ça a été un grand plaisir). J’ai opté pour quelque chose de joli, agréable et avec une couverture dure. Le Moleskine, pour ça, c’est parfait. Petit, compact, et solide.

Au départ, je me suis dit que sans doute ça ne marcherait pas, ils n’auraient pas envie de. Concurrencé dans le train par les MP3 et les consoles de jeu, mon pauvre prof, tu ne feras pas le poids avec ton petit carnet, véritable antiquité… En fait, si. (na!)

J’ai proposé des thèmes. « Pour moi, Paris, c’est… », « A paris, je suis très impatient de … » (donner 3 idées). « 3 ou 4 choses que j’ai apprises depuis… ». Guidés de la sorte, les élèves ont beaucoup aimé écrire et durant le séjour, sont venus à plusieurs reprises me demander le carnet et le stylo. Je garde de ce voyage cet objet superbe, plein d’écrits et d’écritures d’enfants. Un vrai trésor.

Rien de plus pratique et attractif qu’un bon vieux carnet au final.

Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas les faire directement écrire sur l’iPad ? Déjà, moi j’aime le contact du papier, le stylo, et je n’avais pas envie de faire du moderne pour faire du moderne. Ensuite, parce qu’ils ne le manipulent pas si vite que ça, ne sont pas toujours à l’aise pour écrire dessus, et surtout parce que je voulais faire passer l’idée que là on écrivait pour être lu, qu’il fallait donc prendre le temps de réfléchir, de se relire, d’éviter de faire trop d’erreurs, pouvoir barrer, reprendre. Ensuite, une fois que je validais le texte, si on avait du temps, ils pouvaient taper sur l’iPad.

Il se trouve qu’en voyage, du temps, on en a peu. J’ai donc, le soir, récolté les écrits, et les ai transféré sur le blog via le téléphone ou l’iPad moi-même la plupart du temps. C’est d’ailleurs, pour ça, assez génial ces machins là, on peut très rapidement et simplement mettre à jour le blog de n’importe où (à Paris, il y a du wi-fi presque partout).

Bon, les CM2 étaient à bord. Et les parents ?

Pas mal de commentaires laissés par eux, des encouragements, des questions, des réactions, et beaucoup de visites sur le site (environ 800 en une semaine). Les élèves ont été fiers de voir qu’on les lisait, et j’ai l’impression d’avoir impliqué un peu les parents dans le voyage. Les professeurs de l’établissement ont aussi laissé des commentaires, à la grande fierté de nos élèves.

Il n’y a certes là rien de novateur, je n’ai rien inventé, les blogs existent depuis longtemps. Mais j’ai trouvé un outil, un moyen pour faire prendre du recul aux élèves sur leur voyage, tout en connectant les parents un peu plus à l’école. On peut faire pratiquer tout un éventail de types d’écrits: commentaire courts sur une image, bilan, compte-rendu d’une journée, écrits guidés (voir plus haut), et je pense qu’il y a plein d’autres choses auxquelles je n’ai pas pensées.

Pour le prochain voyage, nous pensons donner à chaque élève un carnet d’écrits pour le blog, que nous ramasserons le soir pour mettre en ligne les textes les plus pertinents. Certaines fois, ils voulaient écrire, mais le carnet était déjà pris. Frustrant. A essayer en tout cas car l’envie et le goût d’écrire étaient là.

Une expérience à poursuivre donc. Avec un peu plus d’anglais la prochaine fois. Rendez-vous au prochain voyage ou à la prochaine sortie…;-)