J’adore…avoir envie de.


Je suis en vacances. Je sais, je devrais me reposer. Mais, on ne se refait pas. Je me mets à penser à tout ce que j’ai envie de faire.

Envie de tout changer dans ma façon d’enseigner depuis que j’ai entendu telle ou telle personne parler lors d’une conférence. Envie d’être bousculé dans mes certitudes, envie de différent. D’autre.

Envie d’intégrer les neurosciences dans mes pratiques, et mieux travailler sur la mémorisation. Envie de lire ce qu’a écrit Bruno DellaChiesa là dessus, envie de voir ce qui se fait déjà ailleurs, envie de découvrir. Ne pas avoir peur d’essayer depuis que j’ai entendu le chercheur en question dire « qu’on n’apprend pas quand on a peur ». Envie que cette idée soit toujours présente dans ma pratique d’enseignant.

Envie que mes élèves soient dans une démarche d’investigation pendant le cours, moi aussi, je peux leur faire chercher, comprendre, découvrir avec l’anglais. Sherlock Holmes, les enfants, il était anglais…

Envie de sortir des barrières des disciplines pour travailler ensemble, faire de l’anglais un moyen de communiquer, pas une matière uniquement. Envie que l’anglais serve à parler, à écrire, à communiquer, à échanger. Envie de le faire en cours plus que je ne le fais. Envie de voir comment on fait cours en maths, en physique, en EPS. Qu’est-ce que je peux apprendre? Qu’est-ce que j’ai à montrer?

Envie d’un joli projet intégrant plusieurs disciplines qui serait source de motivation et d’envie d’apprendre pour mes élèves.

Envie de refaire le petit-déjeuner anglais servi à mes CM2 internes suite au travail fait en classe sur le petit-déjeuner. Me dire dire que la cuisinière leur demandant ce qu’ils veulent en anglais et eux répondant en anglais, c’était vraiment chouette.

Envie d’ouvrir la classe encore plus sur l’extérieur. De communiquer, découvrir ce qu’il y a ailleurs, de montrer qui nous sommes, ce que nous faisons. De faire découvrons l’altérité. Si j’aidais plus à montrer aux élèves que ce qui est autre est source de richesse ? Hein, et ce blog de la classe que tu as envie de faire depuis des siècles, tu te lances quand ?

Envie aussi d’être plus indulgent avec moi, envie de faire le bilan de ce que je fais déjà et de me donner des satisfecit aussi. Envie de regarder ce que j’ai fait évoluer, en me disant « c’est pas si mal, tu sais » et me souvenant de ce qu’a dit Edgar Morin aux Journées de l’Innovation: « ce qui ne se régénère pas, dégénère. »

Forcément, envie de lire Edgar Morin.

Envie de profiter des vacances pour lire tous ces livres qui m’attendent depuis des mois et qui vont m’enrichir. Envie de prendre le temps.

Envie de retourner en classe enseigner avec plein de belles idées.

Envie aussi de ne pas être que professeur tout le temps. Envie de prendre le temps de sortir, d’aller au musée, d’aller au cinéma. Envie de culture, de paysages.

Envie d’avoir envie de.

J’adore….réussir mes vacances.


Tiens, pour une fois, j’ai réussi mes vacances. Quoi réussir ses vacances. Parce qu’on peut les rater?

Bah oui. Moi, je suis un spécialiste des vacances ratées. Je retourne au travail presque soulagé, ronchon, de mauvais poil et ma 1ère journée de travail est ratée…

D’abord en général, pendant les vacances, je suis malade. Il y a toujours un gros rhume, un lumbago, une chose du genre pour me trouver et me gâcher tout.

Ce coup-ci, rien.

Mais ce n’est pas tout. La plupart du temps, je me prends la tête sur les copies, les préparations de cours, j’y pense pendant toutes mes vacances (ce qui me les gâche, forcément), c’est toujours là, dans ma tête, dans un coin du cerveau.

Cette fois-ci, j’ai harmonieusement réparti le temps de correction, j’ai tranquillement pris ça en charge, ça ne m’a pas obsédé, et je suis plutôt content. (en plus, y’a des bonnes notes…)

En général aussi, au début, je me dis que je vais faire tout un tas de choses, lire ça, regarder cela, le tout bien souvent lié au travail.

Ca se termine par je n’ai rien fait, je repousse, je repousse, je fais autre chose, et je ne suis pas content de moi.

Or, pendant ces congés, j’ai pris le temps de lire 2 ou 3 ouvrages sur la dyslexie, un sur les cartes mentales, pris le temps d’échanger là-dessus et d’expérimenter quelque peu.

Mais, je n’ai pas fait que travailler, hein. J’ai aussi pris le temps de lire des BD, de regarder des films, des séries à la télé, voir des amis, cuisiner, sortir.

Bref, mes vacances ont été ce qu’elles doivent être: un moment pour me ressourcer, chercher, réfléchir, ne pas chercher, ne pas réfléchir, me reposer, travailler ( oui, mes vacances ont été côté schizophrénique… ).

Du coup, retourner au travail ne me soucie pas du tout. Je me sens dispo et à bloc.

On en reparlera lundi soir après une 1ère journée… 😉

J’adore…les Cahiers Pédagogiques.


Ah, vous y avez cru hein! Vous avez pensé que là, bassement, comme ce sont les vacances, j’allais vous parler de vacances. Hé bien, non. Je vais vous parler des Cahiers Pédagogiques, qui sont, chez moi, liés aux vacances quand même. Si, si, vous allez comprendre…

Enfin, voilà. Rien de tel que le jour où tu arrives, gentil compagnon.

Souvent, je te découvre en rentrant du travail, caché dans la boiîte aux lettres, et là, je suis tout content, je ne t’attendais pas. Vite vite, à la maison.

De quoi, tu parles ? «Le lycée, entre collège et supérieur»… Mwouououais… «L’erreur pour apprendre». Chic, chic…

Mais ne pas tout de suite retirer le film plastique. Attendre LE moment que tu mérites. Je ne vais pas te découvrir comme ça, n’importe où, n’importe quand. Je dois être disponible. Surtout que des fois tu arrives avec d’autres revues, je ne dois pas faire de jaloux. Tu le comprendras bien.

Et puis, des fois, je n’ai pas le temps, ou je te découvre dans la boîte aux lettres le matin, et tu voyages dans mon cartable plusieurs jours. Ah, ça, tu en as rencontré des paquets de copies en attente au fond du cartable, cotoyé des stylos rouges….

Bon, posons le cartable, enfilons les chaussons (important le confort du pied pour la lecture), mettons-nous à l’aise, un petit café.

Ah, je suis prêt. Hop, blister enlevé. Parcourir ton contenu. D’abord le dossier. Tout plein de noms connus depuis que je suis sur Twitter. Suis décidément bien content d’être sur Twitter. Découvrir mon nom dedans dans un coin à quelques pages de toutes ces personnes que j’apprécie. Fierté. Mais laissant mon narcissisme de côté, je continue, je découvre un billet du mois. Encore un nom connu et apprécié. Ca va être bien ce numéro ! Je note tous les titres des articles que je dois lire.

Et c’est là que ça se gâte. Je dois faire d’autres choses, et reporter la lecture.

Bon, je te range à côté de tes grands frères…

Mais ne va pas croire que tu es maltraité, tu rejoins tes cousins les livres pédagogiques, qu’en général j’achète par série et pulsion en allant chez mon libraire, livres qui m’ont intéressé, que j’ai achetés, mais que je n’ai pas (encore) eu le temps de lire et qui attendent gentiment près du bureau. D’ailleurs, vous vous connaissez, je crois, vous êtes voisins. Des fois, je t’emmène pour te lire avant la sieste. Je te pose au pied de lit, mais là, souvent, je m’endors, ou tu es confronté à une BD, au journal. Combat inégal, mauvaise heure.

Ah, beau numéro des Cahiers des années précédentes, toi et moi, on en a fait du chemin ensemble ! Combien de fois es-tu venu avec moi entre 2 et 3 dans la salle des profs pour finir concurrencé lâchement par un café ou un magazine qui traînait ? Combien de fois j’étais là, sur le point de te sortir de mon cartable, quand est arrivée la collègue qui avait un truc urgent à me dire sur les soldes ou notre classe en commun ?

Toi et moi d’ailleurs, on a souvent voyagé ensemble. Mais si, souviens-toi ! La Bretagne, il y a 2 ans, tu y étais ! La Suisse, aussi! La Bourgogne, là également ! Le séminaire à Paris, le salon de l’UNESCO, tu y étais, on a pris le train ensemble. Tu es devenu ami avec ma valise à force de voyages. Tu étais rangé avec un livre, car forcément j’allais avoir le temps de vous lire dans le train, la voiture ou à un autre moment…C’est simple, dès que je voyage, tu es là. Bon, je sais, tu vas me dire, je ne te lis pas forcément, des fois, je préfère un DVD en anglais. Déjà, je te ferai remarquer qu’écouter un DVD en VO, c’est pour moi du travail (je dois entretenir mon anglais…). Ensuite, quand même, tu as voyagé avec moi. Tu ne vas pas me reprocher ça…Tu en as vu du pays !

Bref, j’avoue, je n’ai pas le temps de te lire comme je le voudrais. Je ne le prends pas pour être plus précis.

Mais, voilà. Les vacances sont là. Et, j’ai le temps. Je vais te lire.

Si, si…