J’adore…le cours parfait.


Pas toujours évident d’enseigner en mai.

Déjà, les différents jours fériés et ponts qui suivent une période de congé récente font que les élèves -comment dire ?-  ne sont plus tout à fait dans un état d’esprit d’apprentissage et d’ouverture intellectuelle optimum.

Devoirs non faits, affaires oubliées, support cours perdu (grrrr, perdre une si belle fiche de travail qui vous avait demandé tant de travail…), beaucoup de choses font que vous doutez de votre capacité d’enseignant à faire un cours qui intéresse les élèves.

Vous prenez sur vous, vous vous dites que c’est une période, que ça va repartir, mais quand même vous doutez beaucoup. Vous faites tout pour rester zen devant ces oublis, tout en montrant que vous n’êtes toutefois pas content. Vous faites tout pour remotiver les élèves malgré tout avec des propos qui normalement devraient les redynamiser.

Peu y fait. Bon, d’accord, ça ne marche pas.

Ceci s’ajoute en général au mois de mai dans le sud au beau temps qui ne fait rien pour donner envie de travailler (mais pas cette année, parce que le temps est vraiment, disons-le, tout pourri).

Vous doutez, vous vous découragez, la salle des profs accueille des enseignants -dont vous- pas au top de leur confiance pédagogique, on râle, on se plaint, on boit du café, on mange des viennoiseries.

Et puis, « il » arrive.

Il vous donne un bon coup de pouce au moral, vous redonne confiance et vous commencez à vous dire que la fin d’année va être super.

C’est lui : le cours parfait. Ah, vous l’avez attendu celui-là!

Oh, pas non plus le cours qui va changer la face de la pédagogie mondiale et qui fait que d’emblée devant votre génie enfin reconnu vous allez être promu, non, le cours gentil, simple, qui se passe bien. Tout avance comme vous le vouliez, comme vous l’aviez planifié dans votre tête.

Les élèves ont leurs affaires, ils ont fait leurs devoirs (si, si), ils savent le cours, ils ont compris, et en plus, ils ont envie de vous faire plaisir, de vous le montrer, ils lèvent la main et tout et tout.

Plus vous vous en rendez compte, plus vous êtes content, vous souriez, ils sont contents aussi et hop, tout se déroule pour le mieux. Vous co-construisez ce qui va être noté dans le cahier, les élèves se surpassent pour essayer d’enrichir le cours, d’apporter des idées pertinentes, vous êtes vraiment satisfait et fier d’eux et de leurs efforts. Vous le leur dites, vous les félicitez.

Mais bon, il doit se terminer ce cours parfait, ils doivent partir. Vous donnez les devoirs, ils les notent. Vous seriez bien resté une heure de plus avec eux…

Et là, un élève vous donne le coup de grâce quand vous annoncez les devoirs en disant « Déjà ? C’est fini ? »… Et en plus, c’est passé (trop?) vite pour eux aussi. Ahhh bonheur…Bon, ils sortent.

See you tomorrow!

C’est reparti, vous recommencez à faire des cours plaisants. Jusqu’à la prochaine classe…Et là… 😉

J’adore…le mois de mai.


Déjà?

Sérieusement?

On est déjà arrivé – quasiment- au mois de mai? Les ponts, tout ça?

Incroyable!

Demain, il y a une réunion pour préparer la prochaine rentrée?

J’ai l’impression que la rentrée c’était hier!

C’était hier -non ?- la première nuit avant le premier cours ? La première nuit durant laquelle on ne dort pas vraiment bien, mélange d’impatience et de léger stress de la reprise. Vous commencez à avoir l’habitude, mais non, la 1ère nuit, toujours un peu pénible…

Où est-il le 1er cours, tout le monde est un peu nerveux, vous, les élèves, comment ça va se passer?

La rentrée et les nouvelles têtes, les nouveaux élèves qui se demandaient quel genre de prof vous étiez, ou qui pensaient que vous étiez comme ci ou comme ça en ayant discuté avec les autres élèves. Vous qui vous demandiez comment allait être telle ou telle classe en fonction des élèves que vous connaissiez déjà, tout ça pour s’apercevoir qu’en fait pas du tout, la classe devint complètement différente.

Les nouveaux collègues qui arrivent avec plein de nouvelles idées stimulantes, posent des questions sur comment on fait ci ou ça dans l’établissement et qui font que l’on se remet en question, des personnes qui deviennent vos amis, vos confidents dans la salle des profs autour d’un café quand vraiment vous passez une mauvaise journée ou ne savez plus comment réagir face à des élèves en difficulté…Les nouveaux et les anciens avec qui vous sortez pour déjeuner et avec qui vous oubliez cette matinée un peu dure. Les collègues à qui vous remontez le moral aussi quand c’est difficile d’arriver dans un établissement. Les collègues formidables avec qui vous partagez les bons moments de votre vie de prof et partagez les leurs…

Déjà passées les 1ères corrections de copies, les 1ères évaluations, que vous aimez ( » ah comment c’est passé ce sur quoi on a travaillé dans ma super nouvelle séquence ? « ) mais en même temps que vous avez du mal à finir de corriger car vous êtes très fatigué ( » encore 5 copies, 4… 3… « ) ?

Déjà faits les 1ers bilans, les 1ers conseils de classe tard le soir,  » et j’ai 6 heures de cours demain… » )?

Déjà terminée la 1ère réunion parents professeurs avec les 1ers bilans, les 1ers encouragements, les 1ères inquiétudes. Oubliée la gorge sèche d’avoir parlé non-stop pendant 3 heures?

Envolés le 2e trimestre, les congés de février, ceux de Pâques et voilà, les prochaines vacances seront celles d’été et on aura fini cette année 2011-2012. Incroyable, vous dis-je!

Et puis, on recommencera. Les nouvelles, têtes, les nouveaux élèves, les nouveaux collègues, la première nuit avant le premier cours, le premier cours, les 1ers paquets de copies, les premières réunions. On recommencera, pareils mais pas tout à fait. On sera là, mais un peu différents. Et tout sera donc différent. C’est ça qui est bon dans ce métier.

Mais avant, laissons passer mai, juin et voyons ce qu’ils nous apportent…