J’adore… la liberté


Tiens? Mais il existe toujours ce blog? Hé oui, je n’ai pas écrit depuis pas mal de temps, et j’en suis bien désolé, donc voilà, me voici à nouveau.

J’ai pris mon temps cette année… car je n’en avais pas. Beaucoup d’aventures professionnelles, un cours à la fac (mais il me faudra un autre billet), des formations, des essais en classe… et une année a passé sans billet.

Quand je me suis lancé dans la classe inversée, l’idée était autant de répondre à un besoin de mes élèves (ne plus avoir peur de parler anglais par manque de vocabulaire) que de tester de nouveaux outils en utilisant le numérique. J’ai beaucoup de plaisir à travailler ainsi, même si pour moi cela ne doit pas devenir un dogme mais rester une voie possible en fonction des besoins des élèves. Je fais aussi du magistral frontal etc.

Ce chemin de la classe inversée m’a mené vers la différenciation en classe. En réfléchissant aujourd’hui à ce billet qui devait vous parler de ce que j’avais fait cette année, je dirais que c’est ce qui est le plus marquant. J’ai appris à voir l’hétérogénéité pas comme une complication pour le professeur mais comme une source de richesse pour la classe. On parle beaucoup d’Accompagnement Personnalisé, cela suscite beaucoup de débats, alors voilà, je livre ici mes essais si cela peut servir à alimenter votre réflexion.

Comment mieux gérer les différents niveaux et différents profils des élèves? Ce que j’ai appris cette année, c’est à laisser plus de liberté aux élèves. C’est la façon dont se manifeste la différenciation dans ma classe. Autour d’un cours construit de façon à laisser plus de liberté aux élèves afin qu’ils puissent avancer à leur rythme, en tenant compte aussi de leurs profils.

Liberté de choisir le niveau que l’élève souhaite viser dans sa tâche. Beaucoup de collègues s’interrogent autour du socle commun. J’y vois un espace de liberté. Je fixe un minimum commun pour tous dans l’exercice, mais je fixe aussi des degrés « plus loin » supplémentaires, libre à chacun d’aller dans cette voie. En général, je fixe 4 niveaux. Le plus simple étant celui du socle. Aucun jugement de ma part si on choisit le plus simple, au contraire. Les élèves vont choisir d’en faire le moins possible me direz-vous? J’y ai pensé aussi. Loin de là en fait, il y a émulation entre les groupes. Quand ils s’aperçoivent qu’ils arrivent à faire le niveau le plus simple, ils essaient d’aller plus loin. Parfois, ils ratent. Mais là, je suis dans mon rôle de professeur, je viens aider, guider, permettre d’aller plus loin. Et ça marche. Dans mes deux 4e, personne ne s’est arrêté au niveau le plus simple. Tous ont été au moins au degré 3, 1/4 le plus loin possible. Mieux, tous ont envie d’aller plus loin. Ceux qui ont fini avant peuvent aller aider les autres, approfondir leur travail ou lire en anglais parmi les ouvrages disponibles en classe. Là encore, liberté, du moment qu’il y a travail.

Liberté aussi de choisir son rôle dans un groupe. Je demande en général des groupes de 4. Il y a donc 4 rôles. Merci ici à Rémi Massé, Béatrice Carron et autres qui ont partagé leurs essais qui m’ont fait réfléchir. Les 4 rôles que j’ai choisi de prendre sont les suivants :

  • le time master, en charge de gérer le temps dans le groupe, trancher quand les membres ne sont pas d’accord, vérifier que le groupe reste bien dans la consigne
  • le data analyst qui a accès aux ressources dans la classe, pose les questions
  • le writer qui centralise les notes du groupe sur leur travail mais aussi après avoir écouté les autres groupes
  • l’expert qui récolte les propositions du groupe et restitue le travail oralement à la classe.

J’ai laissé les élèves choisir leurs partenaires de travail, leur rôle. J’ai été très positivement surpris de voir des élèves timides, en difficulté choisir le rôle le plus oral par exemple. Je leur demande juste de changer de temps à autre de partenaire de travail et de rôle. Chacun a loisir selon sa personnalité de choisir le rôle qu’il / elle pense être le plus en phase avec qui il / elle est mais aussi d’essayer, de tester, de se dépasser. Quant à moi, j’ai appris à ne plus enfermer les élèves dans une image que j’avais d’eux.

Liberté de choisir la forme de son travail. Je n’impose pas le format. Lorsque les élèves ont quelque chose à me restituer (point de grammaire, compte rendu de compréhension écrite, orale etc.), je les laisse choisir le support qui leur convient le mieux, car au final ce qui m’importe c’est le contenu. Certains choisissent d’écrire, d’autres de parler, certains rendent des supports numériques, d’autres écrivent, dessinent, font des cartes mentales… Je récolte les productions, fais un retour sur le travail, une évaluation formative et je partage les travaux avec la classe après que les élèves ont corrigé. L’erreur devient donc un processus normal de l’apprentissage. J’applique cela pour les travaux notés ou les simples entraînements. Je demande simplement aux élèves là encore de changer de format et de mode d’expression (oral ou écrit). Cela s’avère être source d’une grande richesse pour la classe, les élèves apprennent beaucoup et s’enrichissent des formes et contenus différents produits par les autres groupes.

Liberté de choisir une partie des items évalués. En langue, les classes se situent souvent entre plusieurs niveaux fixés par le cadre européen des langues. Là encore, il y a un minimum à atteindre. On peut choisir d’atteindre simplement ce minimum mais de l’assurer, tout en ne visant pas le maximum des points possibles ou choisir de tenter d’aller plus loin. On peut choisir d’écrire, de parler. Bien souvent, quand laissés libres de choisir, pour peu qu’ils soient guidés, les élèves se montrent ambitieux et choisissent d’écrire ET de parler par exemple. Ils vivent aussi l’évaluation de façon totalement différente.

Alors bien sûr, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, mais de laisser une liberté raisonnable aux élèves, de les aider, de les guider, les rassurer dans leurs choix. Il y a pas mal d’ouvrages sur le sujet, ils m’ont beaucoup guidé.

Ne plus voir la classe comme un bloc homogène qui n’existe pas mais comme un groupe divers et riche de ses différences, changer le regard porté, cette liberté laissée ont désamorcé beaucoup de tensions en classe mais a aussi poussé les élèves à travailler plus, et mieux. Alors certes, tout n’est pas parfait et j’ai encore beaucoup à apprendre et essayer mais au terme de cette année d’essais, ma conclusion est que choisir de voir l’hétérogénéité comme une donnée « normale » de la classe, de prendre en considération les différents niveaux atteints et les différents profils d’élèves n’est finalement pas si compliqué à intégrer et apporte beaucoup.

J’adore… tout remettre à plat (2).


Tout remettre à plat.

Bon.

Maintenant que j’étais convaincu de l’importance de le faire, j’avais l’air bien malin.

Je n’ai jamais été un grand révolutionnaire.

J’ai appris des modèles de ce que devait être le cours parfait lorsque j’étais professeur stagiaire avec mon tuteur et en cours, comment on devait le construire et pourquoi en étant plus ou moins d’accord mais avec la modestie de celui qui débutait et devait apprendre, essayer et voir ensuite.

J’ai donc essayé, amélioré, puis modifié, mais tout en restant globalement dans ce moule initial. Je ne critique pas du tout ma formation initiale, elle a été de qualité ( si, si… ). Entendez-moi, ce que j’y ai appris m’a permis d’être un professeur qui fonctionne sérieusement devant ses élèves. Mais celle-ci ne m’a jamais amené à innover, me lancer, changer, oser, remettre à plat. Ce n’est d’ailleurs, je pense, pas le rôle de la formation initiale. Mais, à aucun moment, vraiment, on ne m’a poussé à oser changer ou faire autrement. Le consensus règne. En tout cas, c’est que ce que je ressens en tant qu’enseignant depuis maintenant des années…Ou si on veut changer, c’est très compliqué.

Arrivé il y a 3 ans dans mon nouvel établissement, fortement encouragé par la direction (et c’est important…) j’ai commencé à modifier mes pratiques en fonction des besoins de mes élèves.

Partons des élèves. J’ai des élèves globalement bien intentionnés envers l’école, malgré tout pour la plupart en (grande) difficulté scolaire et qui se méfient d’elle car ce que leur est renvoyé dans leur ressenti est, selon eux, ce qu’il ne savent pas faire. Un des tous premiers contacts avec mes nouveaux élèves m’a beaucoup apporté et appris à les écouter. Ca a l’air évident comme ça, mais en fait, je ne le faisais pas vraiment. Ecouter.

Quand je me suis présenté à eux, j’ai dit quelle matière j’enseignais, l’anglais, donc. Et là, retour d’une élève mais aussi de la classe en forme de protection.

« Oh la, en anglais, moi M’sieur chu nulle ! »

J’ai reçu cette phrase avec beaucoup de surprise et de douleur. Pourquoi se besoin de se protéger de l’anglais? Comment cette élève, plutôt sérieuse, peut-elle avoir cette image d’elle-même ? N’avons-nous pas raté quelque chose ?

« Vraiment ? Et bien tu vois, ça m’étonne, tu as 15 ans, tu fais de l’anglais depuis plusieurs années, forcément, il y a des choses que tu dois savoir faire. Que tu aies du mal, je veux bien le croire, mais que tu sois ‘nulle’, j’en doute. Il y a bien des choses que tu dois savoir faire en anglais, non ? »

« Ben chai pas, on ne m’a jamais vraiment posé la question. »

J’ai senti que des 2 côtés, il nous fallait réfléchir.

J’ai donc commencé par le chantier de l’évaluation, car c’était un chantier commun à tous les professeurs. J’ai alors commencé à mettre en place, puisque c’était le projet de mon établissement, l’évaluation sans note par compétence de mes élèves.

Ne pas mettre de notes sur les évaluations, ne veut pas dire ne pas évaluer. Bien au contraire. J’évalue beaucoup. Nous nous sommes tous (les professeurs) mis d’accord sur des codes couleurs avec en gros 4 possibilités : maîtrisé, partiellement maîtrisé, insuffisamment maîtrisé, non maîtrisé. Et surtout, puisqu’on parle par compétence, la possibilité organisée via les aides aux devoirs de pouvoir retravailler un point raté et de repasser l’évaluation, la première évaluation ratée disparaît alors, remplacée par la réussie. Cela varie un peu suivant les matières, mais l’idée est globalement celle là.

Ca n’a l’air de rien, mais ça change tout dans le rapport des élèves à l’évaluation. Et donc à moi.

Pour tout vous dire, au départ, je résistais à l’idée. Je ne voyais pas bien l’intérêt. Je mets un chiffre, certes, mais mes évaluations sont claires, et ils savent sur quoi ils sont évalués, m’étais-je alors dit. 3 ans plus tard, je me rends compte à quel point ce n’était pas exact, même si j’étais sincère dans la perception de mon travail, et je ne reviendrais pour rien au monde à ce que je faisais avant.

Suivant le temps, j’ai aussi commencé à corriger en vert et rouge, ce qui est bien, positif, maîtrisé, utilisé de façon pertinente d’une couleur, et ce qui pose souci, devrait être retravaillé de l’autre. J’essaie de m’y tenir. (je n’y arrive pas tout le temps…)

Si je fais le point sur ce changement-là, je mets beaucoup plus en avant ce qui est su et compris, j’indique ce qui n’est pas réussi mais avec l’idée que c’est à retravailler. L’évaluation ne place plus l’élève dans la position de devoir avoir compris au moment où moi je fais l’évaluation. On peut ne pas réussir et refaire, reprendre. Chaque élève peut avancer à son rythme, moins vite, mais aussi plus vite. Les élèves stressent beaucoup moins face à ce moment de leur scolarité, ils vivent l’évaluation non plus comme un jugement, mais comme un bilan de ce qu’ils savent faire, ou pas.

Ensuite, ma construction des évaluations est, désormais, une fois le référentiel des compétences à maîtriser co-construit avec mes collègues, bien plus simple. Je pioche les items dont j’ai besoin via le logiciel de gestion de ces items que nous avons adopté, je remplis au fur et à mesure des évaluations et j’en fais un suivi très simple. Les élèves peuvent aussi à tout moment le consulter et savoir où ils en sont. Au final, sur le bulletin, nous mettons une note (puisque l’institution nous le demande), mais elle correspond à un pourcentage de maîtrise des compétences évaluées. Les parents voient aussi ce qui est travaillé en classe, puis évalué. Car non, ce n’est pas évident pour un parent de comprendre ce sur quoi son enfant travaille, là, c’est au moins un peu plus évident, à défaut d’être parfait.

En gros, je trouve que mes élèves savent mieux ce que j’attends d’eux et ce sur quoi ils sont évalués.

Je vous rassure, ça ne s’est pas fait simplement et facilement, j’ai beaucoup pataugé, cherché, hésité, douté en sortant de ce que je connaissais pour aller vers autre chose. Cela a été par moment très désagréable de ne plus être dans le confort du connu. Mais, comme toute l’équipe s’y mettait, je n’étais pas seul. Des collègues qui pratiquaient déjà m’ont aussi pas mal aiguillé. Et 3 ans après, je trouve que cela en valait largement la peine.

Donc, premier changement, très positif.

Mais, alors, pourquoi malgré ce changement de regard sur l’évaluation, ai-je encore autant d’élèves qui ne travaillent pas et n’apprennent pas ? Qu’est-ce que je n’ai pas vu ?

Retour à l’assimilation…

Je vous en parle dans le prochain billet.

J’adore…rétablir l’équilibre. (1)


Y’a des moments, heures de cours, jours, semaines où ça ne va pas.

Rien ne me satisfait. Tout est noir, attristant, et bon, je ne m’éclate plus dans mon travail.

Je me dis que ça vient de moi, et puis non des élèves, et puis non, de moi, euh des élèves, et puis, non, de moi, et puis…

Je me dis que j’en ai un peu, beaucoup, passionnément assez. Que peut-être je devrais faire quelque chose d’autre. Déjà, je n’ai pas envie de préparer un cours (et ça, mais c’est graaaaaave, parque moi j’adore préparer de nouveaux cours !). De toute façon, il ne me plaira pas car je trouve mauvais tout ce que je fais.

« Ben oui, tiens, je devrais faire autre chose ».

Alors, je commence à y réfléchir. A me dire, « tiens, je pourrais faire… ». Et je ne trouve pas.

Viscéralement, je suis fait pour être prof.

Mais alors que faire ? Changer d’établissement ? Faire autre chose en plus ? Rester insatisfait ?

Et puis, en général, ça passe. Il y a une séquence qui fonctionne bien, et ça redémarre.

Et puis là, non. Ca dure, ça s’installe.

Mais qu’est-ce qui se passe? Je me suis posé beaucoup de questions. J’ai beaucoup douté. Me suis beaucoup angoissé. J’ai même beaucoup moins écrit sur mon blog, sur Twitter qui pourtant faisaient ma joie.

Et puis, j’ai compris.

J’ai oublié l’équilibre.

J’ai tout simplement oublié ce bon vieil équilibre.

L’équilibre que l’on se doit de respecter entre développement professionnel et développement personnel. L’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

J’ai pensé à tout ça, et je me suis dit que ces derniers temps, jours, mois (années ?), j’avais beaucoup investi la partie travail et que tout simplement ma lassitude venait du fait que j’avais  oublié que l’un se nourrit de l’autre. J’ai beaucoup trop pensé que l’investissement dans mon travail était ce qui importait et que de là, tout le reste irait. Mais non.

En négligeant le temps pour MOUAH, j’en suis arrivé à ce résultat sur ma vie professionnelle.

Je suis donc arrivé à la conclusion qu’en nourrissant ma vie personnelle, j’allais aussi redynamiser l’autre, que tout cela est lié.

Et j’ai commencé à prendre des mesures…

Mais, les amis, il est l’heure de vous laisser (obligations de préparation de dîner obligent, mais promis, une photo de la soupe qui m’empêche d’écrire sur le blog sur Instagram ;-)…)

Les mesures : demain ! Demain, je vous dis tout !

J’adore…changer le cadre.


Jeudi après-midi, pour tout un tas de raisons que je ne vais pas détailler, j’avais une petite partie de la classe en atelier (notre aide aux devoirs).

Et puis, je ne sais pas pourquoi, j’avais envie de changer.

Je leur ai dit de prendre tout ce dont ils avaient besoin pour travailler.

Là, l’enfant est toujours à moitié curieux, à moitié excité.

 » Pourquoi ? Pourquoi ?  »

 » Vous verrez  » ai-je répondu d’un air énigmatique, caché derrière mes lunettes de soleil (je vous rappelle que je travaille dans le sud, et que en ce moment il fait super beau, donc on ne se moque pas de moi genre  » il se la joue Festival de Cannes « ).

Au final, nous avons été travailler près de la fontaine. (voir l’article écrit sur la fontaine il y a quelque temps, ). Il se trouve qu’ils avaient une leçon d’anglais à apprendre. Ils se sont donc mis à travailler, gentiment, entre 2 ou 3 papotages avec moi, demande de prononciation de tel ou tel mot, demande de me réciter, ou d’explication. Un moment détendu, des rires parfois, mais aussi beaucoup de travail.

Puis, nous sommes allés dans la cour, laissée vide par les élèves, tous en classe. La cour chez nous, elle est belle. Surtout en ce moment. Il y a de grand arbres superbes, de l’ombre et des bancs. On y est bien. Donc, autant y aller.

Certains se sont allongés sur le banc pour apprendre, d’autres assis sur un rebord, d’autres par terre.

Certains m’ont dit  » moi j’apprends mieux si je bouge, je peux marcher dans la cour ?  »

 » Euh, oui.  »

 » Ah, j’ai le droit ?  »

Cette remarque m’a étonné. Finalement, pourquoi ça me poserait un problème qu’il bouge un peu, avec des limites et des règles bien sûr ?

Et hop ! On apprend.

Je repense à l’aide aux devoirs classique, à mes élèves, une heure, parfois plus, assis derrière un bureau. Je repense à moi travaillant à la maison. Je crois que je me suis très rarement mis derrière une table pour apprendre.

Et si ?

Et si on le faisait de temps en temps. Et si ça apportait un plus ? L’idée est de chercher comment les aider, non ?

Au final, le cours était bien su. Tout le monde, le prof, les élèves, était content. Et le travail a été associé à un moment plaisant. (le bonheur, non ?)

Et si parfois, on changeait la perspective ? Le cadre ?

Alors, bon, soyons clair, je ne vais pas pouvoir faire tout le temps aide aux devoirs dehors. Mais penser pour ce moment particulier à d’autres formes, d’autres cadres. Des petits tapis de sol? Des trucs en mousse pour s’assoir?

Enfin, bref….J’adore changer de cadre. Car souvent ce changement là, il est porteur d’idées intéressantes à creuser.

Je vous tiens au courant?

J’adore…perdre du temps.


J’adore perdre du temps.

Je précise mon propos. Bien sûr que je n’aime pas perdre du temps, j’adore prendre le temps qu’il faut pour amener mes élèves là où ils doivent être à la fin de l’année.

Mes élèves ne travaillent pas.

Ou peu.

En tout cas, très peu seuls. Ils ont peu d’autonomie. Les « bons » (je n’aime pas ce mot collé à un élève, sorte d’étiquette dont ils ne se débarrassent que rarement, comme si c’était normal qu’ils le soient, tout comme « mauvais » élève, collé comme une sentence…) eux savent s’organiser, organiser leur travail, leur emploi du temps, comprennent les demandes des professeurs et savent comment faire. Comment ? Mystère. Parfois nous avons pris le temps de faire comme on pouvait de la méthodologie en classe, pressé par les programmes. Ils ont souvent inféré les méthodes, parfois l’encadrement des parents aussi les a amenés là où ils sont. Mais quid des autres ? Ceux qui bien souvent aussi veulent réussir, mais ne savent pas comment faire, comment apprendre, ne comprennent pas automatiquement ce que le professeur attend et comment y arriver ?

Je ne prenais pas en compte les besoins des élèves là dessus et ne me souciais pas des élèves après la classe. Il était normal qu’ils sachent faire les devoirs seuls. Moi quand j’étais élève, je me débrouillais bien seul, donc je pensais que c’était le cas de tous les élèves. Oui, mais moi, justement, j’étais un « bon » élève, mes parents n’ont jamais encadré mes devoirs. Je savais faire, et n’avais pas besoin d’eux. Donc pour moi, Il était « normal » qu’un élève sache apprendre et sache travailler tout seul. Sauf que non. Mes élèves ont souvent beaucoup de mal avec ça. Je ne rentre pas dans le pourquoi, c’est comme ça. De là, je fais quoi, je continue à les ignorer ? J’évolue ?

J’en suis donc arrivé à me demander ce que c’était que d’être le professeur des élèves que j’ai. Qu’est-ce que faire un cours à ces élèves-là ? De quoi ont-ils besoin pour réussir ? Dois-je continuer ainsi et continuer dans une approche qui à mon sens « trie » les élèves, en écartant les plus fragiles ? Puis-je me satisfaire de faire mon travail ainsi ?

Quand je suis arrivé dans mon établissement, on m’a beaucoup parlé de transmission des savoirs et de l’assimilation par les élèves de ces savoirs. Je dois dire que je me suis un peu demandé où j’étais. Mais de quoi on me parle ? Ils n’ont qu’à faire leurs devoirs !

Et puis, j’ai commencé à travailler dans les créneaux aide aux devoirs. Souvent, pleins de bonne volonté, en début d’année, les élèves essaient de faire les devoirs, et puis, devant le moindre écueil, ils bloquent, passent des heures carrées à chercher, et au bout d’un moment ne cherchent plus et abandonnent. Trop compliqué les devoirs, trop long d’apprendre. Je suis « nul »‘.

J’en arrive à hier. Hier, jour typique de mon travail de prof, j’interroge les élèves sur la leçon. Le travail n’a pas été fait pour une très large partie d’entre eux : le cours n’est pas su. Ce malgré l’aide aux devoirs – mes élèves sont internes et ont tous de l’aide aux devoirs le soir et le matin –  utilisée visiblement à autre chose. Cela arrive souvent. Avant cet établissement, j’aurais piqué une colère, et puis j’aurais sûrement dit une phrase (affreuse en y pensant) du style « eh bien tant pis, j’avance, je n’ai pas le temps de vous attendre. » Et après tout, pourquoi n’aurais-je pas ce temps ? Ce temps, ils en ont besoin. N’est-ce pas mon rôle de le leur donner ?

Donc, depuis un trimestre : j’ai décidé de prendre le temps, d’en « perdre ». De leur dire, « Ok (le tout avec un visage serein, détendu, un visage tu-ne-sais-pas-c’est-pas-grââââve….), eh bien vous allez utiliser une partie de l’heure à apprendre, l’autre à faire tel exercice (de la grammaire, de l’oral avec un assistant). Je ne lâche pas la chose, vous devez savoir cela pour avancer. Vous devez réussir l’évaluation finale. »

J’ai pris cette approche depuis un trimestre.

Le défi de cette approche étant de trouver ce que font les élèves qui eux ont déjà appris le cours et qui eux, en veulent plus, et ont le droit d’en vouloir plus. En général, je donne une tâche finale à accomplir en fin de séquence (un document à rendre, un dialogue à jouer lié à une situation précise…), ce qui est fait pendant la séquence sert à pouvoir accomplir cette tâche finale. Je demande donc d’utiliser ce temps pour préparer ce travail avec moi, ou je donne un travail qui va plus loin. Je ne suis pas encore très bon, je dois dire. Je cherche. Je tâtonne.

Quel bilan ?

Alors, il va sans dire que tout n’est pas rose. Mais bon. Après un 1er trimestre catastrophique (du style à chaque conseil de classe les moyennes de ma matière étaient les plus basses, ça fait toujours plaisir…), les notes remontent, avec un mieux de 2 points de moyenne de classe par exemple en 3e, plus 3 en 5e. Des élèves sont passés de 1 de moyenne à 8 ou 9, certains progressent de 10 points. J’obtiens des sourires d’élèves qui désormais demandent à savoir combien ils ont de moyenne « pour l’instant » et aussi quelles évaluations ils devraient repasser.

Hier, 3 élèves m’ont demandé à rester en cours pendant la récré pour repasser une interrogation. 4 autres ont choisi de ne pas avoir de pause pour préparer leur travail final avec l’assistant de langue…

Grande conséquence : je n’ai plus de chahut dans certaines classes pourtant très dures. Les relations avec celles-ci se sont apaisées…(et tant mieux, hein, parce que bon…).

Ai-je perdu du temps ? J’ai beaucoup culpabilisé sur le fait que je n’étais pas, certaines heures, le professeur parfait qui leur parle tout le temps en anglais les baignant dans l’anglais. Je ne fais pas le cours parfait attendu lors de l’inspection. Je ne fais d’ailleurs pas vraiment ces heures-là cours, je fais de l’accompagnement, j’aide, je guide. N’est-ce pas là aussi mon métier ?

Donc, en retard ? Ai-je perdu du temps? A ma grande surprise, non. Je suis plutôt en avance en 5e et 4e, c’est plus mitigé en 3e. Je trouve surtout que les choses sont mieux maîtrisées. Les 5e m’ont fait remarquer un jour que lors de l’écoute d’un document son, ils comprenaient parce « qu’il y a(vait) du vocabulaire que l’ont avait vu dans la séquence d’avant, donc on a pu comprendre parce que ces mots on les a appris ». Je n’avais d’ailleurs jamais étudié ce document aussi vite qu’avec eux…On est donc arrivé à la conclusion que plus on apprenait, plus on y arrivait. (pas aussi simple que ça mais bon, c’est une belle façon de voir les choses…).

Font-ils tous le travail ? Pas tous, presque. J’ai aussi des élèves qui bloquent, refusent. Je continue à leur montrer que je ne cède pas, que cela doit être su, que de toute façon ils devront me prouver qu’ils ont appris, que je vais prendre le temps, que je ne vais pas céder, que je vais les solliciter, que je vais leur dire « tu ne savais pas, je te donne rendez-vous tel jour, telle heure, tu viendras me réciter ». Ils jouent le jeu. La note n’est pas un jugement, mais le reflet d’un degré de maîtrise ou de connaissance. Ce n’est pas une sanction, on peut repasser une évaluation si on pense que l’on sait mieux, que l’on comprend mieux après plus de travail. Cela change totalement le rapport à l’évaluation. Et au professeur.

Auparavant, mon approche « ils n’apprennent pas, je laisse tomber, j’avance » (que je ne renie pas, c’est aussi un mécanisme de survie, je faisais comme je pouvais) aboutissait à la chose suivante chez mes élèves : « autant ne pas faire l’effort puisqu’il s’en fiche, de toute façon je ne comprends rien » (et d’autant moins que puisque le cours 1 n’était pas su, je ne pouvais pas rajouter de connaissances à savoir dans le cours 2 basées sur celle du cours 1, non-su donc). Je m’en rends compte a posteriori depuis que j’ai changé d’approche.

J’ai aussi appris la souplesse. Je donne des objectifs aux plus faibles : « moitié du cours su, moitié des points. Bien sûr tu peux améliorer ton score en me récitant tout un peu plus tard. » Les élèves qui ont le plus de mal à mémoriser ont donc le temps. Je raccroche le fait d’apprendre le cours, les règles, la conjugaison à du concret. On apprend pour être capable de faire. Capable d’écrire sur le blog au sujet de la sortie spéléologie, capable de parler en visioconférence à son correspondant américain de son dernier week-end et de se renseigner. On verra alors qu’on est compris de l’autre côté de l’Atlantique, que l’on comprend aussi. Que l’on comprend de mieux en mieux même.

J’apporte aussi beaucoup de méthodologie. Comment apprendre ? Comment écrire ? Comment gérer le français quand on écrit en anglais et le fait que cela ne fonctionne pas toujours pareil dans les 2 langues ? Comment savoir utiliser avec pertinence un dictionnaire, le traducteur en ligne (puisque je te dis que ça ne marche pas cette traduction mot-à-mot, ah mais…). Comment écouter de l’anglais parlé ? Sur quoi s’appuyer ? J’insiste pour que les conseils de méthodologie soient appliqués. J’insiste lourdement. Je montre que la façon de travailler de tel élève lui fait perdre du temps. J’en propose, impose, une autre.

Bref, parfois j’utilise 2 heures dans la semaine à encadrer le travail sur les 2h30 que j’ai de cours avec eux. Je n’ai pas fait « cours ». Ai-je été le professeur dont ils ont besoin ? Je pense. Ce temps « perdu », en tout cas pris au cours classique (je vous rassure, j’en fais aussi) n’est pas « perdu ». Je vais beaucoup plus vite dans la partie cours car les choses sont mieux maîtrisées. Et puis, petit à petit, l’autonomie va s’installer et je vais devoir prendre moins d’heures de « cours » classique. C’est un pari sur le long terme. En tout cas, je « perds » moins d’élèves. Et ça, je le vis bien.

Je ne sais pas si c’est la bonne direction. Je ne suis sûr de rien, je ne dis pas que j’ai raison, qu’il faut faire comme moi. Je cherche à mieux faire. Ca semble marcher. Je continue à chercher.

Bref, j’adore perdre du temps…pour en gagner.

j’adore… ne pas être dimanche.


Vous adorez le dimanche, forcément.

Le dimanche, c’est la belle-famille à la maison (quoi, vous n’appréciez pas belle-maman…?), c’est du repos, des matchs de foot le soir à la télé, le canapé sur lequel vous regardez tous les trucs débiles qui peuvent passer à la télé, ça peut être sortie avec les enfants, le compagnon / la compagne, un resto, bref, tout sauf le boulot.

Moi, je n’aime pas le dimanche.

Le dimanche, c’est la veille du lundi, et le lundi, je reprends le travail. Vous aussi me direz-vous…

Certes, mais moi, en grand névrosé, je commence dès le dimanche matin à penser à ce que je dois avoir fini avant le soir. Aux copies, aux cours à faire / finir / peaufiner, aux choses à organiser, à mon cartable à préparer, à « mais où j’ai mis cette copie déjà? », « à mon dieu mais je n’aurais jamais le temps de tout faire » et cela me préoccupe dès le matin au réveil, parfois même le samedi. Dès le petit déjeuner entre 2 grognements sous forme d’interaction, j’y pense. Pendant la préparation du repas, j’y pense. En regardant, les infos, j’y pense. En allant me promenant dehors, j’y pense. Bref, j’y pense.

Et là, 2 possibilités.

Soit je m’y mets dès le petit-déjeuner pris, et je bosse, et j’avance, et j’avance et je me dis que j’ai vraiment été idiot de me soucier de ça, que voilà, il est une heure et j’ai presque fini.

Soit, j’ai décidé de reporter car je voulais me reposer (je m’efforce d’apprendre que j’y ai droit). Et là, toutes les activités fun / reposantes que je fais sont entachées par le travail.

Pas le grosse tâche infâme de café sur votre belle chemise blanche faite par la tasse de café renversée à 8h25 par votre collègue que décidément vous aimez de plus en plus, non non, la tâche faite le midi à la cantine en plein milieu de votre chemise préférée, celle dans laquelle vous êtes super beau et dégagez une autorité naturelle pleine d’empathie pour les difficultés de l’élève, tâche qui ne se voit pas tant que ça, mais qui se voit et qui va occuper les enfants en classe tout l’après-midi (marche aussi avec le morceau de salade coincé sur une dent depuis le midi et dont vous sentez la présence seulement une fois rentré chez vous le soir). Vous voyez?

Le problème, c’est que même le travail fini, le prof névrosé comme moi, il n’a jamais fini. Il y a toujours un truc plus ou moins lointain auquel il serait bon de commencer à penser. Donc, même si l’option un a été prise, vous avez toujours impression d’être dans l’option 2.

Bref, je suis un grand névrosé du travail. Je ne sais pas si je suis seul, mais hier en en parlant avec un collègue prof des écoles, il me disait vivre la même chose dès le samedi (y’a pire que moi, donc…).

Donc, voilà, option 2, dimanche, 15h48, je tiens bon et je vais me détendre en tweetant…le lien vers ce blog, lui-même lié au travail… gniaaaa, je ne m’en sortirai pas…

J’adore…chercher la clé multifactorielle.


Vous savez le matin, quand vous êtes déjà bien en retard, quand tout a pris 20% de temps de plus que d’habitude, que vous avez versé le jus d’orange dans le bol de café (rempli de café) plutôt que dans le verre vide, quand vous avez eu du mal à vous lever déjà, idéalement quand vous avez mal dormi, et que dès au réveil vous pensez aux 3 milliards de choses que vous avez à faire dans la journée, que déjà vous avez mal au crâne, que ce café ne fait décidément pas effet et que lorsque vous êtes sur le point de partir vous ne trouvez plus vos clés de voiture (marche aussi avec les clés du bahut, votre clé USB avec tous vos cours dessus etc…)?

Ça vous parle?

L’autre jour en parlant à mon proviseur-adjoint, ça m’a frappé, comme une évidence. On parlait des difficultés que j’avais à faire travailler telle classe (ben oui, y’a des classes avec lesquelles je n’y arrive pas) et je me suis entendu dire « je ne sais pas, avec eux, je n’ai pas encore trouvé la clé, je cherche toujours la clé ».

Mon métier c’est ça. Chercher la clé.

En fait, c’est exactement ça. J’ai l’impression que nous passons l’année (le mois, la semaine si vous êtes doué) à chercher LA clé qui fera que les élèves se mettront au travail, pas celle qui fera qu’ils y arriveront, mais celle qui fera qu’ils ont envie d’essayer.

Le matin, quand vous ne trouvez pas vos clés, c’est souvent multifactoriel (ah, ah, j’adore ce mot.). Vous ne les trouvez plus parce que déjà si vous les mettiez toujours au même endroit, ça n’arriverait pas (y’a toujours quelqu’un pour vous dire ça à ce moment-là, non, non, ça ne vous énerve pas le matin…). Ou encore, « mais elles étaient où la dernière fois que tu les as vues? » (ben oui, là je les cherche juste pour le fun, je sais où je les ai vues pour la dernière fois, c’est d’ailleurs pour ça que je les cherche…). Parce que aussi vous avez tout plein de clés. Parce que vous êtes fatigué. Parce que vous devriez sortir plus, votre esprit serait plus léger, et vous seriez plus concentré. Bref, multifactoriel.

La clé du travail des élèves, elle est toujours aussi multifactorielle.

Les élèves ne travaillent pas et il y a toujours tout un tas de raisons, qui se combinent parfois. Au bout d’un moment avec l’expérience, vous finissez par en connaître pas mal de ces raisons.

Déjà, vous vous dites que ça doit venir de vous. Vous culpabilisez en vous disant que c’est vous, pas eux. Arrêtez, c’est idiot. Bon, là on est dans le trip standard du prof. J’ai appris, tout en me remettant en cause, à ne pas culpabiliser. Je cherche, mais plus de sentiment de culpabilité. Je fais de mon mieux.

Bon, ok, j’ai appris, je n’ai pas dit que j’y arrivais tout le temps.

Vous apprenez aussi à vous dire que le moment durant lequel vous donnez les devoirs à faire doit être privilégié. Pas après la sonnerie. La sonnerie, c’est le signal. Une seule pensée – partir – pour 80% des élèves, même ceux qui vous aiment bien. Et en général, la victime collatérale, c’est noter les devoirs. Et après arrive le classique (parfois sincère) « je ne savais pas qu’il y avait ça à faire » et ce malgré le cahier de texte en ligne. Donc le faire pendant le cours. Insister pour voir les agendas ouverts, les regarder copier. Non, pas sur ta main (qui peut aussi être une feuille…), sur l’agenda.

Pareil avec la copie du cours. Moi, je suis professeur en collège, et oui, même s’ils sont grands les 3e, je passe, je regarde les cahiers / classeurs, je vérifie que le cours est noté. Oui, tu dois noter la phonétique aussi, oui, souligne la date et les mots nouveaux. Si, si, c’est plus joli et en plus ça me fera plaisir (dit avec un grand sourire d’encouragement qui font qu’ils se disent « le pauvre, ça lui fait vraiment plaisir, c’est vraiment un no-life, à moins qu’il ne soit ironique, bon, dans le doute, je souligne »). Si, si, si tu écris moins vite et fais des efforts pour bien écrire tu apprendras mieux je t’assure. Non, non, ne note pas tout, c’est juste pour décorer le tableau que j’ai écrit ça…(oui, je manie l’ironie..)

L’aide aux devoirs vous montre à quel point les élèves n’ont que très peu de méthodologie. Et, ce n’est pas de leur faute. Certains élèves ont vite déduit les méthodes seuls, ou alors les parents les leur ont transmis, et surveillent les devoirs, mais bien souvent, une bonne partie des élèves est laissée seule devant ce moment crucial : faire les devoirs, apprendre, faire un exercice. Ils essaient seuls, en général en début d’année car ils ont de bonnes résolutions, ne trouvent pas comment faire, essaient quand même, se rendent compte en cours que malgré le temps que ça leur a pris, ils n’y sont pas arrivés et abandonnent vite. J’essaie le plus possible de donner les clés, dire comment il faudra faire.

Vous apprenez aussi que parfois, c’est lié à tout un tas d’autres choses à la maison, ou dans leur vie, qui font que. A des conflits entre élèves aussi. Moi, je ne suis pas formé pour ça, je ne peux rien faire, ce sont les limites de mes compétences, j’oriente vers les collègues dont c’est le travail et qui ont les compétences dont les élèves ont besoin. Je travaille avec eux avec les moyens disponibles. Ça marche, parfois pas.

Il y a tout un tas de clés multifactiorelles que j’apprends à trouver.

Cette année, malgré ça, je n’ai pas encore trouvé la clé d’une partie de mes classes. Je le vis mal. En même temps, c’est comme un défi. Très stimulant. Je serai un meilleur enseignant après. En attendant, je passe par des grands moments de découragement (toute cette semaine par exemple). Mais je cherche. Et j’aime ça.

J’adore chercher la clé multifactorielle.

Forcément je vais la trouver cette année aussi.