J’adore…l’iPad en classe.


Mais tu fais quoi avec ton iPad en classe?
Ce billet de blog va tenter de répondre à ça. Je vais essayer d’être très pragmatique et concret.
Pour moi, l’iPad est un outil intéressant à avoir en classe, car il me permet de motiver les élèves à écrire, tout en faisant attention à ce qu’ils écrivent, orthographe etc. Je précise que j’ai commencé avec un iPad, puis 2 dont le mien, et je dispose actuellement de 3 iPads, plus serait mieux, mais déjà avec 3 on peut faire des choses très pertinentes. J’utilise aussi souvent mon téléphone personnel pour avoir internet, car le technicien ne pouvait (voulait?) pas créer une borne wifi.
Je précise que j’informe les parents en début d’année de ce que nous allons faire avec les TICE, comment, pourquoi, je donne les liens vers les différents comptes et que je travaille bien sûr en lien avec le Proviseur. Il y a aussi une charte d’utilisation des outils et des réseaux sociaux, je valide toujours ce qui va être publié.
Je travaille avec Instagram aussi, mais je vais aujourd’hui principalement vous parler de ce que je fais avec Twitter avec les ‘petits’, et comment j’utilise la tablette avec les plus grands.
Commençons par Twitter.
Nous avons un compte classe (dont je contrôle l’accès et le mot de passe), sur ce dernier, plusieurs usages.
Mes plus petits, cm2 et 6e publient par exemple une photo par jour de cours du ciel et font une phrase pour parler du temps qu’il fait, ils peuvent aussi répondre aux classes avec qui nous travaillons, dire comment ils vont. Je confie l’iPad à un ou deux élèves, ils prennent la photo du ciel, choisissent un filtre ou pas, un cadrage et écrivent. J’aime beaucoup cette activité rituelle faisant appel aussi à leur créativité artistique, on travaille vraiment ici le niveau A1 du cadre européen en expression écrite.
Sur Twitter, nous avons aussi joué avec d’autres classes à ‘qui est-ce’? Ma classe choisit un personnage parmi une liste, l’autre classe doit deviner lequel c’est en posant des yes-no questions. C’est au final un exercice très structurel pour pratiquer les structures avec have et le vocabulaire lié au visage. Mes élèves ont beaucoup aimé cette activité, et le vocabulaire et les phrases clé ont été très bien restituées par le groupe classe lors de l’évaluation.
Nous avons aussi joué avec le vocabulaire des objets de la classe, j’ai fait plusieurs groupes, ils prenaient des photos d’objets de la classe, demandaient ce que c’était et attendaient les réponses des autres écoles. Pour diverses raisons, je n’ai pu mener à terme cette activité, mais elle est très prometteuse. Tout ce qui permet d’utiliser l’iPad pour communiquer en anglais réellement permet vraiment de faire travailler le vocabulaire et de le fixer de façon efficace. Trouver une twittclasse de primaire avec qui travailler est vraiment simple, il y a plein de super collègues ultra dynamiques avec qui travailler. J’en profite pour saluer @menut3 et @lonnyj, entre autres, avec qui j’ai travaillé cette année en CM2 et qui sont de formidables collègues et font un excellent travail.
Une dernière activité: prendre une photo du bureau de l’élève avec des objets scolaires dessus, accompagner l’image d’un tweet décrivant l’image, y glisser volontairement un oubli, une erreur de couleur, de nombre, l’autre classe doit s’amuser à trouver l’oubli volontaire…
Pour travailler la compréhension écrite: les élèves rédigent un texte dans lequel ils décrivent un extra-terrestre. Les élèves de l’autre classe lisent, dessinent l’extra-terrestre et renvoient une photo de leur desssin. Et inversement.
Alors certes, tout ça serait plus simple avec plus d’iPad, mais bon, les élèves étaient déjà ravis de ces activités. Ils communiquent avec des classes françaises en anglais? Pas authentique? Certes non, mais la capacité au jeu des enfants est grande et ça leur a beaucoup plu.
Avec les plus grands:
Je divise la classe en 2 groupes. Un groupe dispose des 3 iPads et d’un document support sur lequel travailler (vidéo, texte, image…). Ils ont un temps limité pour prendre connaissance du document et être prêt à répondre aux questions de l’autre partie de classe qui pendant ce temps là prépare ses questions. J’aime beaucoup cette configuration, chaque groupe est sub divisé en 3, et il y a là un réel moyen de collaborer, tout le monde doit avoir parlé dans l’heure. Le temps de l’échange sur le document est aussi limité. A la fin de l’échange, le groupe qui n’avait pas le document doit prendre la parole et parler du document non connu, à la fin de cette prise de parole, le premier groupe apporte des précisions si besoin. Ace moment-là, je divise la classe en 3, chaque groupe dispose d’un iPad et rédige ce qui va rester du cours en essayant d’apporter le plus d’outils possibles. Je récupère cela, et hors classe, j’ajoute des mots outils, des apports, des remarques. Les élèves savent que le cours sera sur le réseau de l’établissement dans la journée et peuvent le récupérer, j’en imprime aussi. Pour ce type de cours, j’utilise VLC si c’est une vidéo, et j’aime beaucoup Pages ou Notability pour la rédaction. Sur ce dernier, ils peuvent aussi dessiner, rajouter des annotations, très utile.
Alors, certes cela peut se faire avec du papier. Oui, mais avoir les propositions de cours directement en numérique me permet de les fusionner très vite et de les annoter et compléter tout aussi facilement. Elles sont aussi facilement transférables vers tout type d’ENT. Si Notability est connecté au Wifi et à un compte Google ou Dropbox, il suffit de récupérer le cours avec ma tablette à la maison sans avoir besoin d’emporter les tablettes de l’établissement. Je n’avais jusqu’à présent pas accès à Internet en classe avec les tablettes et j’utilisais le lien avec mon iPhone…
Je pense que mon rôle en tant qu’enseignant d’élèves en difficulté ayant peu souvent accès à ce genre d’outils est de leur apprendre à s’en servir de façon responsable et naturelle, je m’y emploie. De plus, je joue un rôle alors dans la validation des items du b2i. Les élèves apprécient et ont envie de faire de l’anglais. Que demander de plus?
Voilà, j’espère que ça vous donne idées et envie…
A lire: l’excellent livre de Ghislain Dominé, Utiliser les Tice en classe pour avoir plein d’idées et se lancer simplement. Passez voir aussi la rubrique du blog sur les sites à visiter dont ceux de @nicoguitare ou @edouardvince .
Je suis preneur de vous retours, idées, questions etc !

J’adore… mon année numérique.


Il y a un peu plus d’un an, j’étais à l’Unesco, au salon de l’Innovation de l’Education Nationale.

J’ignorais tout de Twitter, sauf le fait que Barack Obama s’en servait, je ne savais pas trop pourquoi, comment.

Les blogs ? Ouais, bon, ok, mais à quoi bon ? Pour dire quoi ? Etre lu par ma mère ? (maman, tu eux lire mon blog, bien sûr, hein, mais autant que je te téléphone pour tout vous raconter à toi et papa…).

Les Cahiers Pédagogiques, sympa comme revue. Jamais je n’écrirai dedans, mais bon, bien.

Et Facebook ? Le mal absolu, voleur d’intimité, jamais au grand jamais je n’aurai un compte.

Un an plus tard, je suis à la tête d’un compte personnel sur Twitter avec 220 abonnés et 6000 messages et d’un compte classe.

Je tiens régulièrement un blog qui a reçu en 9 mois 8000 visites.

Et depuis peu, j’ai une page Facebook que j’alimente régulièrement, que je vais lire, j’ai 55 amis et j’en suis ravi.

Mais que s’est-il passé ?

Rien. Tout.

J’ai découvert en quoi le web 2.0 m’était utile en tant que professeur et professionnel de l’Education.

Commençons par Twitter.

J’ai déjà raconté comment @amadineter @ticechampgnole et @latineloquere m’avaient donné envie de rejoindre Twitter. Mais bon, ça m’a apporté quoi? Ils sont venus avec leurs amis. Au début, bien qu’enthousiaste, j’étais un peu circonspect. Bon, ok, je vois comment ça va me servir pour les élèves, mais à moi…. bof. Sauf que ces trois là sont venus avec leurs amis qui leur ont fait confiance, se sont abonnés à mon compte et j’ai commencé à papoter avec @2vanssay @drmlj @dawoud68 etc etc. J’ai découvert un monde intéressant, fait de mutualisation, d’échanges, d’ouverture. Au lieu que ma communauté professionnelle soit en gros celle de mon établissement, c’est devenu la France. J’y ai gagné en richesse. Et je dialogue aussi avec des non-profs mais passionnés. Professeur et ouvert sur le monde. Alors attention, hein, ce n’est pas la planète des bisounours non plus. Mais j’ai instauré une lecture fréquente de leur tweets et des liens vers lesquels ils envoient et un dialogue tout aussi fréquent avec une partie de mes abonnés, j’apprends beaucoup d’eux, je lis des ressources liées à mon métier, je progresse, j’apprends. Un souci ? Quelque chose que je ne sais pas faire et que je veux apprendre ? Je fais quoi ? Je demande. Et bien souvent, j’ai de l’aide. Parfois, même, maintenant, j’en donne. 🙂 Lors de la 2e session des Journées de l’Innovation, j’ai rencontré une bonne partie de mes abonnés. On était un peu timides de se voir en vrai. Mais très vite, on a échangé, dialogué, rit, partagé nos valeurs. Et vous savez quoi? Dans la vraie vie, ils sont tout aussi passionnants !

Lors des 1er mois, j’ai découvert leurs blogs. 140 caractères, c’est bien, c’est concis, mais c’est court. J’ai bien souvent dit que j’avais trouvé tel ou tel billet sympa, intéressant. Et puis, un jour, sur Twitter…

–  » Mais vas-y, lance-toi.  »

–  » Non mais moi je n’ai rien à dire. »

– « Tu verras bien.  »

–  » Mais ça va intéresser qui, mes propos ?  »

–  » Ben, moi déjà.  »

Et hop ! Happé, lancé, pris au jeu. J’ai découvert à quel point j’aimais écrire, et redécouvert à quel point j’aimais mon métier. J’ai parlé de tout, de rien, mais surtout de ce que j’aimais. Pas envie de parler de mes coups de blues, des moments durs, de ce qui ne va pas. On dresse partout déjà un portrait bien sombre de ce métier que j’aime et qui est bien souvent si beau. Envie de me focaliser sur ce qui fait que j’adore…mon job. Le titre et l’angle étaient tout trouvés. Relayé sur Twitter par mes fidèles twamis, le blog a commencé à vivre en octobre 2011, j’ai depuis écrit plus de 40 billets et reçu tout plein de commentaires, d’échanges, de visites (plus de 8000). Incroyable ! Jamais je n’y aurais cru. Mais surtout, je prends du recul, j’écris, je réfléchis à ce que je fais. Cela m’est devenu indispensable. Je ne sais pas comment je faisais avant. François Muller disait qu’on devrait tous (professeurs) tenir son journal et parlait je crois de Nouvelle Zélande où cela se faisait. Je partage cela totalement.

Bon, vous pensez bien que du coup, je n’allais pas résister longtemps à Facebook. Poussé par @dawoud68 et @2vanssay me voilou sur Facebook, et là aussi, je découvre, j’apprends, je paramètre, et je me félicite chaque jour de lire les « amis » que j’y ai et qui partagent leurs lectures, leurs liens, leurs coups de cœur. Mon intimité volée, j’en fais quoi ? Comme m’a très bien dit @2vanssay, il suffit de n’y laisser que ce que l’on veut y laisser. Pour moi, c’est simple, c’est une page tournée vers mon métier. Un complément au blog, j’y écris ce que je fais dans ma vie de professeur, et surtout, je lis, réagis aux apports des mes  » amis « .

Et au final, honneur suprême, les Cahiers Pédagogiques ont lu mon blog et en ont fait leur blog du mois en janvier, petite pub sur leur page Facebook et là ruée de visiteurs. Du coup, j’en suis naturellement venu à écrire sur eux sur le blog, et pour eux et me voilà publié sur une page et demie dans le numéro 498 à côté de tous ces gens que j’admire et respecte. Belle expérience aussi que d’écrire et partager son vécu d’expérience en tant qu’enseignant avec Twitter…

Et si, du coup, de par ma présence sur le Web 2.0, moi aussi, je donnais envie à quelqu’un de se lancer et de vivre une année aussi riche ?

Vivement l’année 2 !

J’adore …Twitter et les sorcières.


Je vous ai déjà dit à quel point j’aimais Twitter, non ? Je ne remercierai jamais assez Amandine Terrier et Bertrand Formet de m’avoir donné envie de me lancer.

Cette semaine a encore été l’illustration de l’intérêt de Twitter quand on est enseignant.

Il y a quelques semaines, Stéphanie DeVanssay (merci !) nous parlait du travail génial d’Alexandre Acou avec ses élèves. Il avait étudié en classe un poème de Jean Tardieu,  » Conseils donnés par une sorcière  » et à partir de là demandé à ses élèves d’écrire des conseils de sorcière sous forme de tweets.

Le résultat, que l’on peut voir là : http://tinyurl.com/ca6rzr2

est tout simplement adorable. Et surtout d’une grande pertinence pédagogique. L’impératif, la ponctuation etc.

Cela m’a donné envie de me lancer. Je lui ai fait part via Twitter de mon intérêt pour son travail et du fait que je pourrais faire la même chose en anglais avec mes 4e. Tout de suite, Alexandre a été emballé et a eu envie que nos deux classes se rencontrent virtuellement autour de cette idée. C’est ça qui est génial avec Twitter. On peut y rencontrer des gens enthousiastes qui ont des idées qui vous emballent et hop, très simplement, se mettre à travailler avec eux.

La semaine dernière, j’ai commencé ce travail avec mes élèves. Mes 4e ne sont pas toujours enthousiastes face au travail scolaire (un euphémisme…), ce coup-ci n’a pas dérogé à la règle. Toutefois, une fois bien lancés, ils se sont pris au jeu, et j’ai été très positivement surpris par leur créativité.

Vous pouvez lire une partie de tous ces tweets sur le Storify fait par Stéphanie (re-merci!) . (là : http://tinyurl.com/bug5tya)

Pour moi, l’intérêt était grand. J’aime beaucoup l’écriture créative, l’idée aussi que mes élèves écrivent pour être lus, et j’aime bien l’idée de les connecter avec des primaires. Je n’ai pas parlé de grammaire etc. mais il va sans dire que moi aussi j’ai travaillé l’impératif en anglais, l’usage du dictionnaire, l’usage raisonné du traducteur automatique, le respect d’une consigne simple donnée en anglais, l’orthographe, le tout de façon me semble-t-il efficace tout en restant légère. D’autres tweets doivent arriver, je les attends avec impatience.

Certes, l’anglais n’est pas parfait, il y a des erreurs, des oublis, mais globalement ils sont compris et je suis dans les objectifs qui me sont assignés, écrire de façon assez claire pour être compris, et il est normal à leur niveau que des erreurs subsistent. Je les ai volontairement laissées pour montrer à mes élèves que l’erreur fait partie prenante du travail, et qu’il ne faut pas en avoir peur (parfois au point de ne plus oser rien faire en anglais pour certains). Nous travaillerons plus tard sur ces erreurs, nous verrons qu’elles relèvent souvent d’un manque de concentration, de relecture et tâcherons de trouver des moyens de les éviter.

Les élèves d’Alexandre ont d’ailleurs commencé eux aussi à écrire en anglais et j’espère que cela donnera envie à mes élèves d’interagir avec eux. Mes élèves, en difficulté scolaire, donnant des conseils à d’autres élèves sur l’usage de l’anglais ? Le bonheur, non ?

Je suis impatient de retourner en classe et de voir ce que cela va donner.

Voilà donc, j’aime Twitter, et j’adore les ( conseils de ) sorcières !

J’adore…être professeur dans une Twittclasse


Un jour, un inspecteur, je crois, a posé la question de la place de l’écrit dans le cours d’anglais à une réunion.

En fait, selon lui, trop souvent, ils écrivent pourquoi en classe? En gros, dans une grande majorité des cas, pour copier le cours, ou faire des exercices, ou des interrogations / devoirs disait-il… Pas faux quand même…On s’étonne qu’ils n’aiment pas écrire en anglais après….

Quand écrivent-ils vraiment avec du sens, pour être lu par quelqu’un d’autre que moi? (certes, c’est déjà forcément un bonheur pour eux, mais quand même…)

Donc, oui, j’adore être prof dans une Twittclasse pour cette raison là.

On écrit, et ça sert à quelque chose, on est lu, on a un retour, ou l’écrit sert à apporter des réponses à l’autre / aux autres, de l’autre côté…

Ça a l’air tout bête mais ça change beaucoup de choses. Il y a du sens.

Mon projet avec Twitter a vraiment pris son sens avec la mise en relation avec la classe de @mmeLayman (merci @ticechampagnole pour cette mise en relation) récemment. On a la chance d’avoir un créneau commun malgré le décalage, on se connecte en même temps et zou! Je fixe des objectifs: en savoir le plus possible sur le lycée, l’Etat dans lequel ils habitent,par exemple, ils peuvent préparer avant, me soumettent leurs Tweets que je valide ou pas via un google form (merci Lissa pour le tuyau), et on y va…D’ailleurs, Lissa Layman explique comment elle fait sur son propre blog, allez voir. (http://bit.ly/psmUYv)

Du temps perdu? Je ne pense pas. Ils aiment, ils ont envie. J’entends ‘ah mais oui, ça on l’a vu dans le cours’. Tiens, mon cours sert à quelque chose…

Comment je le note? (question posée par la journaliste de Midi Libre venue nous voir il y a quelques temps). Je prends tout simplement les critères classiques définis par les programmes et le Cadre Européen (je sens que vous avez envie de les lire, mais non, je ne détaillerai pas): ponctuation, grammaire, orthographe etc. Et puis, des fois, je ne note pas aussi. On écrit pour le fun. Si, si, le fun…

Ils ont des dictionnaires. Bah oui. Et alors? Quand vous avez besoin d’écrire, vous ne vous servez pas d’un dictionnaire vous des fois? On nous demande de nous rapprocher de situations de communication authentiques: pour avoir essayé de parler avec mon correspondant allemand quand j’étais ado, je peux vous dire qu’il n’y a pas plus authentique que la présence d’un dico dans ces cas là…

D’ailleurs comme je suis vraiment pédagogue, j’en profite pour leur apprendre dans une vraie situation de besoin à s’en servir (certains de mes élèves ne savaient pas que dans un dictionnaire il y avait deux parties, français vers anglais, et l’inverse…)

Du temps perdu? Non. J’ai un corpus de phrases écrites en une heure très satisfaisant, ils ont travaillé dur; j’ai des élèves heureux d’avoir fait cours. (c’est bien des élèves heureux, non?)

Alors ok, en classe entière, c’est difficile, ça fait du bruit. Encore une fois, du bruit qui est le reflet d’un travail, pas d’un prof qui ne contrôle pas sa classe.

J’ai la chance d’avoir un assistant de langue, je peux fractionner la classe, tant mieux. Parfois, je ne peux pas, je fais avec… Je sors en ayant mal au crâne. Ou je m’arrange pour donner un travail à faire au CDI à une partie de la classe, il y a toujours un moyen, non? (je suis irrémédiablement optimiste…)

La première question de mes anciens élèves à la rentrée a été: ‘Monsieur, on va tweeter encore cette année?’

Y’a pas que moi qui adore être dans une twittclasse… Bon signe.

J’adore…expérimenter


Ben oui, ça a l’air tout simple de dire ça, mais expérimenter, ce n’est pas évident quand on est prof.

Il faut accepter d’être déstabilisé, de sortir de sa zone de confort, tout en projetant assez de confiance en ce que l’on fait pour que les élèves suivent…Ne pas avoir peur du jugement etc etc.

De retour de l’Unesco,  en plein mois de juin avec une demi classe partie en voyage linguistique et les autres restant en classe et n’ayant pas envie de travailler, je me suis dit que le moment était parfait pour expérimenter. Pas trop de pression de temps non plus, avec les notes, le programme etc. Twitter me semblait parfait pour ouvrir la classe sur l’extérieur, que les parents des élèves que j’ai en classe (un internat) puissent lire ce que font les élèves (ils ne rentrent pas le soir pour tout raconter), et pourquoi pas nouer des liens avec d’autres établissements en France , à l’étranger?

J’ai donc ouvert le compte de la classe @idem_in_english, rédigé une charte autant pour me rassurer moi que pour mettre des protections pour les élèves, et zou. De même pour commencer, j’ai ouvert un compte protégé, en filtrant les abonnés, le temps de tester. Cela a changé en 2e année, une fois que j’ai mieux maîtrisé l’outil. Mais, j’y reviendrai.

J’ai fait des ateliers d’écriture avec la douzaine élèves qui n’étaient pas en voyage, après avoir expliqué et fait signer la charte.

Plus de prof faisant ‘cours’ (j’entends par là, l’habituel schéma du cours de langue), mais une tâche – raconter vos dernières sorties ou ce qui se passe en ce moment en classe – et des élèves penchés sur leurs dictionnaires et cahiers pour chercher. Du bruit, de l’agitation, ce qu’un prof ne veut jamais montrer de sa classe, mais finalement du bruit pour quoi? Pour du bazar en classe? Non, pour du travail, de la vie, des échanges, des questions…

Car d’emblée, ça leur a semblé intéressant comme tâche.

Le présent Be + Ing qui jusqu’à présent ne servait qu’à faire plaisir au prof en faisant des phrases, devenait vraiment utile à quelque chose. Le preterit simple? L’outil pour parler du passé et des sorties faites hier, avant-hier, mercredi dernier (et hop, compris le marqueur temporel)!

Utile pour eux, ça l’était aussi pour moi.

En les regardant écrire, je comprenais mieux leurs erreurs (on ne pouvait tweeter qu’un message compréhensible, donc avec un minimum d’erreur). J’ai découvert le principe de ‘autant de mot qu’en français’ chez certains. On part de la phrase française, et on la traduit mot à mot. Pourtant on avait travaillé sur le preterit et comment ça marchait. Mais visiblement, pas assez dans un contexte de réel besoin d’écrire. Au début, certains ne voulaient pas montrer leur tweets, peur de montrer ses erreurs.

Ah bon, Monsieur, on peut se tromper? C’est pas grave?

Donc, on a retravaillé. Le français n’est pas l’unique modèle de fonctionnement, les autres langues ne marchent pas pareil. Parfois si, parfois non.

Ah bon, Monsieur?

Se tromper, ça fait partie de l’écriture, on cherche, on raye, on recommence.

Ah bon, Monsieur?

Les élèves (bon, d’accord, pas tous…) on demandé à venir en plus pour travailler l’écrit. Bref, je tenais là un outil stimulant qui en plus rentrait bien dans mon cadre. En 6e / 5e, il faut ‘être capable d’écrire des messages simples et brefs’, Twitter, 140 caractères, c’est parfait, non?

La semaine suivante les autres ont voulu suivre aussi, on a donc continué sur d’autres projets d’écriture. Des devinettes envoyées à l’école du Jura découverte à Paris (avec des réponses, les élèves écrivent donc pour être lus…), un projet avec les arts plastiques…Et pendant ce temps là, il y a eu de la réflexion sur l’image, le droit à l’image, quelles informations on donne de soi sur Internet ou pas, qui accepter comme abonné ou pas, pourquoi, la ponctuation, les majuscules, l’orthographe…

Il y a eu aussi une splendide sortie Wakeboard/Twitter avec les 5e qui font du Wakeboard et ensuite tweetent leurs sensations (avec mon aide, hein…). De très beaux tweets.

Donc, j’essaie de plus en plus de sortir de ma « zone de confort ».

Et me voilà à présent dans l’année 2, avec des nouveaux usages.

Mais ceci, sera l’objet du prochain billet… Teaser, teaser…

J’adore… commencer


Même si ça n’est pas évident…

Poussé par mes certains de mes abonnés Twitter qui ont une foi inébranlable dans l’intérêt de ce que je peux avoir à écrire ici, je me lance enfin. J’espère être à la hauteur…

Tout ça, c’est à cause de -grâce à- l’Unesco et de son forum de l’innovation de début juin 2011, auquel je participais avec une collègue et la direction pour représenter mon établissement.

Sans ce forum, jamais au grand jamais, je n’aurais été ouvrir un compte Twitter… Twitter, encore un de ces vilains réseaux sociaux qui pénètrent votre vie privée…

Sauf que… sauf que…

A côté de notre mini-stand, il y avait un autre mini stand innovant tenu par Bertrand et Amandine.

Et là, que ne vois-je pas? Twitter en primaire! Quoi? En primaire? Mais, elle fait quoi avec ces CM et Twitter? Et pourquoi moi je ne fais rien?

Je fonce voir.

Amandine, professeur de la classe, m’explique ce qu’elle fait avec son compte @crotenaycycle3, pourquoi. Le lien avec les parents, le travail sur les TICE et la responsabilisation des élèves, le côté instantané mais réfléchi, l’ouverture de classe au monde (tout en filtrant), sa superbe charte d’utilisation (un garde fou d’une grande simplicité et pertinence), le travail sur l’orthographe…

Et voilà, ça y est, Twitter m’a attrapé.

Je ne me sens pas trop innovant pour le coup.

D’emblée, j’ouvre mon compte personnel (merveille de la technologie moderne, directement avec mon téléphone…) et directement je suis ‘suivi’ par quelques personnes qui peuvent trouver un intérêt à ma présence sur la blogosphère.

Et ces personnes se révèlent drôles, intéressantes, stimulantes et m’apportent de quoi nourrir ma pédagogie…

Accro à Twitter, vous dis-je!

Dès mon retour, j’ouvre un compte classe.

Mais, ce récit là sera pour mon prochain billet… (teasing de la mort, vous revenez, hein, hein, sur mon blog…)